NDLR — Robert Bellerose, le premier Québécois arbitre de baseball invité à officier aux Jeux olympiques, nous fait parvenir, pratiquement tous les jours, quelques nouvelles directement de la 27e édition des Jeux olympiques d’été, ceux de Sydney en Australie. J’ai le plaisir de relayer ses missives, des commentaires d’un de ses meilleurs officiels de baseball au pays. Voici son douzième courriel!
Les Québécois dans le baseball de haut niveau
Texte de Robert Bellerose
Sydney, dimanche, le 24 septembre 2000
Bonjour,
Je suis revenu de mon match AUSTRALIE-USA qui s’est terminé après 7 manches (différence de 10 points). Victoire facile des Américains dans un match à sens unique. Ça ressemblait plus à un “BP” qu’à autre chose. Nous avons dû arrêter en raison de la pluie à 20 h 06 exactement, pour reprendre à 20 h 40.
En regagnant notre vestiaire en fin de partie (nous sortons du côté du premier but, juste à côté de l’abri, Tommy Lasorda nous a dit que nous avions fait une «bonne job» (Eh guys, good job!).
J’ai arrêté le match à la fin d’une demi-manche, quand la pluie s’est mise à tomber un peu trop fort. À ce moment, les prévisions météo que nous avions étaient de la pluie pendant seulement 20 à 30 minutes à compter de 20 heures. Je n’ai pas voulu continuer trop longtemps sous la pluie et risquer de détremper le terrain et ainsi avoir un nouveau retard et d’autre part, je ne souhaitais pas me retrouver sur le bord d’une partie réglementaire vers la 5e manche avec une décision qui signifiait donner la victoire à une des deux équipes.
Par la suite, la pluie a diminué. Il pleuvait, il ne pleuvait plus. Les prévisions ont changé et on nous a dit que cela allait être comme cela toute la soirée. C’est alors qu’avec Chet Gray (responsable du tournoi) nous avons pris la décision de reprendre le match même s’il pleuvait encore un peu.
Puis, plus tard dans le match, le chef des “ground keepers” est venu me dire entre deux manches, alors que la pluie tombait pas mal, que les prévisions venaient encore de changer. «La pluie cessera à 21 h 10» m’a-t-il dit à ce moment. Il devait être 20 h 50 environ. À 21 h 10, la pluie a cessé et le reste du match s’est poursuivi sans pluie.
Je peux vous dire que tout le monde voulait finir ce match et avoir sa journée de congé demain, les équipes, les arbitres et les organisateurs. Il aurait fallu qu’il pleuve en «cibole» pour qu’on ne la finisse pas cette partie (la dernière du tournoi à la ronde).
Demain lundi, c’est congé pour nous. Il ne reste plus que les demi-finales mardi. Je suis au match de l’après-midi Japon-Cuba, au premier but. L’Américain Rodriguez est au marbre, Contreras (République dominicaine) surnommé Monsieur Coca-Cola est au 2e but. Tancred (Australie )au 3e but. Sur les lignes, il y aura Yoon (Corée) et Rouse (Australie). (Contreras est surnommé Coca-cola parce qu’il boit une quantité phénoménale de Coke.)
Une anecdote en terminant, il parait que plusieurs les apprécient. Tout le tournoi se joue ici sans aucun marqueur! Comment est-ce possible? Facile. Il n’y a que des marqueuses. Eh oui, ce sont toutes des femmes. À chaque match, elles sont trois, deux qui marquent et une troisième qui contre-vérifie les sommaires, etc.
À bientôt.
Bob








