Les nôtres dans les universités et collèges américains
Texte et recherches de Jacques Lanciault
Laval, le 7 juin 2011 – Après Cédric Vallières il y a quelques jours, voilà que c’est au tour de Jacob Gosselin-Deschenes, l’as lanceur des Guerriers « Au Grand Bazar » de Granby de la Ligue de baseball junior élite du Québec, d’annoncer qu’il poursuivra ses études et sa carrière de baseball au Clarendon College du Texas.
Photo ci-dessus : Même si ce printemps, Jacob Gosselin-Deschenes a eu l’occasion de vivre un grand moment de baseball en grimpant sur le monticule du Centre Rogers de Toronto avec l’équipe de l’ABC, ce dernier ne prend pas ses rêves pour la réalité. À ce sujet, il applique plutôt un vieux proverbe que son parrain lui a communiqué, soit « Il ne faut jamais prendre ses rêves pour réalité, mais plutôt prendre tous les moyens pour les réaliser. » (Photo courtoisie de Michel Groleau)
C’est donc dire qu’avec le retour des trois Québécois qui était à Clarendon cette saison, soit Samuel Ouellet, Yan Fortin et Julien Casaubon, et avec l’ajout de Vallières et de Gosselin-Deschenes, cela porte à cinq le nombre des nôtres qui porteront les couleurs des Bulldogs de Clarendon… permettant ainsi au collège texan de rivaliser avec le NorthEastern Oklahoma College (NEO) au chapitre des institutions faisant appel au plus grand nombre de Québécois pour son équipe de baseball.
D’ailleurs, NEO aurait bien aimé s’assurer les services du lanceur de 6 pieds 2 pouces, et ce, puisque le collège de Miami en Oklahoma lui a également fait les yeux doux.
Pour Gosselin-Deschenes, endosser l’uniforme d’une équipe du réseau collégial américain sera la concrétisation d’un rêve longtemps caressé.
En fait, dès qu’il a commencé à s’investir sérieusement dans le baseball, c’est-à-dire lorsqu’il a joint les rangs du réseau de développement midget AAA de Baseball Québec, l’athlète de Saint-Hyacinthe a commencé à rêver d’une carrière chez l’Oncle Sam.
« Dès ma première année midget AAA avec les Ducs de la Rive-Sud, j’avais en tête l’objectif de jouer un jour pour un collège américain. »
Une arrivée au midget AAA sans fanfares ni trompettes
Mais, il y avait loin de la coupe aux lèvres. En effet, à l’époque Gosselin-Deschenes n’était pas la grande vedette de baseball de son patelin.
« À mon premier camp d’entraînement midget AAA, j’ai eu pas mal de difficultés à être sélectionné au sein de l’équipe… moi qui lançait à 68 mph. »
Mais, cette année-là, Gosselin-Deschenes a travaillé d’arrache-pied, tant et si bien qu’au terme de la saison, il a reçu le trophée du joueur le plus amélioré de son équipe.
Puis, il s’est présenté à son deuxième camp d’entraînement avec la même équipe. Cette fois-ci, sa balle rapide avait pris un peu de tonus et filait régulièrement à 76 mph.
Le jeune athlète avait également changé physiquement prenant poids et s’allongeant de quelques pouces, de sorte qu’à la fin de sa deuxième saison et de sa carrière midget AAA, voilà que le lanceur des Ducs décochait des tirs atteignant les 84 mph.
Ce qui fut évidemment suffisant pour qu’il soit sélectionné au sein de l’équipe du Québec qui participait au championnat canadien midget… une compétition où il mit la main sur le trophée du joueur le plus utile à son équipe.
Puis vint l’Académie de Baseball Canada (ABC)
Contrairement aux autres joueurs qui atteignent les collèges américains, Gosselin-Deschenes n’a jamais joué pour les Ailes du Québec, ni évolué au sein d’un programme sports études à l’école secondaire.
« Je n’ai pas fait les Ailes du Québec et au secondaire je n’étais pas au sein d’un programme de sport-étude. J’ai fait ma première année de cégep au Collège Laflèche, là où j’ai commencé à me développer sérieusement. Cependant, le tournant de ma carrière est certes mon entrée à l’ABC en 2009. »
Après sa première saison avec l’ABC en 2009, il a joint les rangs des Guerriers « Au Grand Bazar » de Granby au printemps 2010. Il y connaîtra une saison spectaculaire cumulant un dossier de 7 gains contre 4 défaites et passant 69 frappeurs dans la mitaine en 69 manches de travail.
Ses excellentes prestations ont été reconnues par les dirigeants du circuit qui lui ont remis lors de leur banquet des champions le trophée du lanceur recrue de l’année.
Important le baseball, mais les études aussi
Évidemment, le fait que l’équipe de baseball de Clarendon évolue dans une division très forte et qu’elle compte sur quelques Québécois bien établis a milité afin que Gosselin-Dechenes opte pour cette institution. Mais, il y a plus.
« Le climat qui prévaut dans le sud a été un attrait important pour moi, et ce, afin de jouer au baseball à l’année. Mais, l’aspect éducatif a été l’élément qui a fait pencher la balance. L’école a une bonne réputation, c’est ce facteur qui m’a fait prendre ma décision finale. »
Le nouvel artilleur des Bull Dogs de Clarendon va étudier en gestion des affaires. « Ayant terminé mon DEC en mai dernier en gestion du commerce et ayant des membres de ma famille qui évoluent dans le monde des affaires, des études en “Business” étaient tout indiquées pour moi! »
Et Gosselin-Deschenes a très hâte à l’an prochain. Surtout que le 29 mai dernier, son équipe était en visite à Repentigny pour y affronter le Royal de l’endroit, l’équipe pour laquelle s’aligne les trois joueurs qui ont évolué à Clarendon l’an dernier.
« Lors de notre programme double de dimanche dernier contre Repentigny, j’ai eu la chance de parler avec mes trois futurs coéquipiers et d’avoir du “feedback” quant à leur première année à Clarendon. Bien qu’ils m’aient confirmé que la vie de joueur de baseball collégial n’est pas de tout repos, ils m’ont mentionné une foule de points positifs qu’ils ont vécus à leur première année. Ils ont insisté sur les liens tissés avec les joueurs de l’équipe, la vie sociale au collège et l’esprit de compétition qui règne aux États-Unis. Beaucoup de choses qui m’ont charmé. »
Mais d’ici là, et même s’il s’entraînera avec Sylvain Saindon une partie de l’été pour être fin prêt lors de son départ pour le Texas, le lanceur au physique imposant verra à remplir le mieux possible son rôle de partant numéro des Guerriers « Au Grand Bazar » de Granby, lui qui a déjà deux victoires et un sauvetage à son actif jusqu’ici (au 7 juin)!
« Malgré notre début de saison difficile, je crois tout de même que nous allons nous tailler une place en séries. De toute façon, pour ma part, chaque fois que je monterai sur le monticule, je ferai tout en mon possible pour vaincre l’adversaire. »
Un mantra qu’il entend bien se répéter à chacune de ses sorties dans l’uniforme du Clarendon College!









