Baseball et softball11 years ago142 Views
Revue de presse
Joanie Godin, Le Journal de Montréal, le 5 avril 2015
Pour faire renaître un terrain de baseball au Stade olympique comme ç’a été le cas au cours de la fin de semaine, ça prend beaucoup, beaucoup de travail. En tout, les travailleurs y ont mis 3000 heures pour être prêts à accueillir les joueurs des Blue Jays de Toronto et des Reds de Cincinnati.
Photo ci-dessus : Tom Farrell et ses employés à l’oeuvre durant les préparatifs du match pré-saison des Blue Jays (baseball) au Stade Olympique de Montréal, mercredi le 1er avril 2015. (Photo Johany Jutras, Le Journal de Montréal)
En une semaine, le terrain du stade s’est complètement transformé, passant du soccer de la MLS avec l’Impact au baseball majeur.
L’équipe avait tout de même commencé le travail lors du premier week-end de mars, avec notamment les enclos des releveurs. En fait, ils ont fait tout ce qui ne dérangeait pas les matchs de l’Impact.
C’est d’ailleurs le même gazon qui est utilisé, avec quelques ajouts pour le baseball.
Mais ce qu’il y a d’intéressant, c’est que même lors des matchs de soccer ou de football – les Alouettes y ont joué quelques matchs au cours des dernières années – le baseball est toujours présent… sous le terrain.
C’est que le monticule, le marbre et les buts sont installés sur des plaques hydrauliques qui se rétractent à environ 8 ou 10 pieds dans le sol lorsqu’ils ne sont pas utilisés. Ils sont recouverts d’une plaque de métal, sur laquelle on pose le gazon. Ce dernier est d’ailleurs numéroté, tel un casse-tête, pour faciliter son installation.
Refait à neuf
L’an dernier, lorsque le monticule a été remonté à la surface pour la première fois en 10 ans, disons qu’il était plutôt mal en point. L’an dernier, l’équipe d’entretien avait d’ailleurs dû retravailler la terre pendant le match. Mais le scénario ne s’est pas répété cette année.
«On a enlevé tout le vieux stock qui était au monticule et on a mis du neuf. C’était rendu tellement vieux, que la terre s’était transformée en béton», a expliqué Patrick Fortaich, directeur de la production chez evenko.
Le retour des anciens
Qui de mieux pour prendre soin de la terre battue que ceux qui s’en occupaient dans le temps des Expos? C’est pourquoi on a fait appel à une équipe de sous-traitant dont fait partie Pierre Vézina, qui a été préposé au terrain de 1982 à 2004.
«Quand on est revenus l’an dernier, après 10 ans, c’était le fun. De vieux souvenirs me sont revenus en tête», a-t-il admis.
Un grand art
Le monticule n’est pas qu’une simple butte de terre. Loin de là. C’est un art, une science infuse et un travail de grande précision.
«On a des spécifications à respecter. Par exemple, le monticule doit être d’une hauteur réglementaire de 10 pouces et la pente vers le marbre doit descendre d’un pouce tous les pieds jusqu’à six pieds. Tout ça est vérifié par le baseball majeur et doit être précis au millimètre près», a poursuivi M. Vézina.
À l’œil, par contre, les dirigeants du baseball croyaient qu’il n’était pas du tout de la bonne hauteur.
«C’est que le terrain du stade est en pente vers le marbre. C’est comme ça ici, il y a une dénivellation à laquelle ils ne sont pas habitués, mais quand on calcule avec le laser, tout est beau», a dit M. Fortaich.
C’est donc un travail de longue haleine afin que tout soit parfait.
«On étale une couche de terre, on tape et on arrose, on attend que l’eau remonte à la surface, ce qui peut prendre cinq à dix minutes, et on recommence. C’est aussi très important de mettre la bonne quantité d’eau, parce que si on en met trop, ça devient de la bouette. Et dans le cas contraire, c’est trop sec. On doit donc atteindre le taux d’humidité parfait.»
Des matériaux qui dorment
La piste d’avertissement et les clôtures au fond du terrain sont les mêmes qu’à l’époque de «Nos Amours». Ces matériaux dorment dans les entrepôts du stade depuis une dizaine d’années.
Quelques modifications ont été apportées pour s’adapter aux nouvelles règles.
«On a dû aménager les enclos des releveurs derrière la clôture, car avant, les releveurs s’échauffaient sur les côtés du terrain, mais ce n’était plus assez large», a précisé M. Fortaich.
Une ligne téléphonique a dû être installée pour relier l’abri des joueurs et l’enclos. C’est aussi pour cette raison que des grilles ont été installées dans la clôture au champ centre.
Le filet derrière le marbre est aussi plus large, pour être conforme aux règles.
Quant aux estrades, elles se glissent pour s’adapter au sport qui est présenté.
Tout ce travail sera maintenant refait à l’inverse… jusqu’à la prochaine fois.
La transformation du stade, c’est…
100 employés de la Régie des installations olympiques
3000 heures de travail
Début des travaux: 5 mars, tous les week-ends de mars et une semaine complète avant le premier match. Pour la dernière semaine seulement, c’est plus de 800 heures de travail.
Neuf employés «Ground crew», trois des Jays et de la MLB, six locaux
4 types de terre: 50 tonnes de terre en vrac provenant des États-Unis, 8 palettes de briques d’argile, 15 palettes de mélange d’argile pour monticule et 2 palettes de mélange d’argile pour le marbre
Pour le terrain (2 à 3 jours pour la conversion du soccer au baseball): 3800 plaques de gazon synthétique, soit l’équivalent de 112 000 pi2
Piste d’avertissement: 220 panneaux de 15 pi x 5 pi (15 400 pi2)
Revue de presse publiée par Jacques Lanciault.









