Baseball et softball2 months ago65 Views

Au jour le jour au baseball junior
Texte et recherches de Jacques Lanciault
NDLR – Lors de mon passage au sein de la Ligue de baseball junior élite du Québec (1997-2013), j’ai, entre autres, voulu reconstituer l’histoire du baseball junior, en particulier de ce circuit, tout comme de réaliser un recensement des joueurs de la ligue ayant évolué dans les universités et les collèges américains ainsi que dans les rangs professionnels !
Pour ce faire, j’ai fouillé les archives du circuit, celles de nombreuses personnes ayant été associées au baseball junior, en plus de me rendre régulièrement à la « Grande bibliothèque » afin de relire des journaux d’époque et de fouiller dans les archives des journaux numérisés.
Mes recherches ont débouché sur une série inachevée d’articles que j’ai publiée à l’époque sur le site Internet de la ligue sous la rubrique « Au jour le jour ».
Au cours des hivers 2018 et 2019, j’ai repris ces textes, les ai enrichis et corrigés et les ai publiés sur mon blogue… Depuis, j’ajoute régulièrement de nouvelles années, en plus d’ajouter fréquemment de nouvelles informations aux années déjà compilées.
Aujourd’hui, j’ajoute à cet historique une nouvelle année, la saison 1950 !
Pour cette saison, le circuit se nomme toujours la « Ligue Montréal Royale Junior »… et tant le Montréal-Matin que La Patrie ont couvert les activités de la ligue de façon irrégulière, précisons-le, mais suffisamment pour que le résultat de la recherche soit intéressant !
Bonne lecture.
Jacques Lanciault (le 7 septembre 2026)
Et maintenant, la saison 1950
Pour la saison 1950, chacune des neuf équipes de la ligue, les mêmes formations qu’en 1949, disputera un calendrier d’autour de 40 matchs.
Au terme de la campagne, les entraîneurs-chefs des neuf équipes de la ligue étaient :
Maisonneuve : Fred Dumesnil
Rosemont : Hubert “Doc” Lavigueur
Plateau Mont-Royal : Pamphile Yvon et Jimmy Churchill
Verdun : Arthur Therrien
Laval : Pierre Papillon
Ville-Marie : Charlie Calvert
Saint-Henri : Johnny Bellini
Ville Mont-Royal : Johnny Bowers
Villeray : Laurent Baril
Le match d’ouverture officielle a lieu le dimanche 14 mai 1950, dans le cadre d’un programme double disputé au stade Delorimier, dit « le Stadium », le domicile des Royaux de Montréal de la Ligue Internationale !
Pour la première rencontre de la campagne, les champions des séries éliminatoires de 1949, le Ville-Marie, affrontaient les champions de cette même saison régulière 1949, les troupiers du club Ville Mont-Royal.
Le premier match de la saison a nécessité 11 manches pour faire un gagnant… et c’est le Ville-Marie qui l’a emporté au compte de 8-7 !
Lors de la deuxième rencontre du programme double d’ouverture, André Landry, un lanceur de 16 ans, s’est signalé lançant un match sans coup sûr, les siens de Villeray défaisant le Maisonneuve 9-1 !
Encore cette saison, une équipe d’étoiles de joueurs juniors du Québec, dont une majorité provenant de la Ligue Montréal Royale Junior, a affronté une équipe new-yorkaise, les Dodgers juniors, dans une série 2-de-3.
La formation québécoise a encaissé un revers de 10-4 dans le premier match disputé au Ebbets Field à Brooklyn, une rencontre présentée devant une foule de 8 000 spectateurs.
Puis, dans le deuxième affrontement de la série, un match disputé à Montréal, les Dodgers l’ont emporté au compte de 11-1.
La saison
Fort d’un dossier de 29-10, la troupe de Ville Mont-Royal a remporté le championnat de la saison régulière.
Au cours de la saison, le lanceur de 16 ans, André Mondore, du Villeray a signé un match sans point ni coup sûr.
Par ailleurs, Charles Economides, le puissant frappeur de la troupe de Ville Mont-Royal a remporté le championnat des frappeurs.
Voici le classement final de la saison régulière 1950 :
| Équipe | Victoires | Défaites | Moyenne | Différence |
|---|---|---|---|---|
| Ville Mont-Royal | 29 | 10 | 0,744 | - |
| Saint-Henri | 24 | 14 | 0,632 | 4,5 |
| Villeray | 22 | 15 | 0,595 | 6 |
| Ville-Marie | 22 | 16 | 0,579 | 6,5 |
| Laval | 18 | 19 | 0,486 | 9 |
| Rosemont | 19 | 21 | 0,475 | 10,5 |
| Plateau Mont-Royal | 16 | 25 | 0,390 | 14 |
| Maisonneuve | 14 | 24 | 0,368 | 14,5 |
| Verdun | 10 | 30 | .0250 | 19,5 |
« Le Ville-Mont-Royal a remporté le championnat de la ligue Montréal Royale Junior avec assez de facilité et on lui concédait de belles chances de décrocher le championnat junior de la métropole et trophée perpétuel “Montréal-Matin”.
Mais cette équipe n’a pu rivaliser avec le Rosemont, la sensation du circuit Thibeault depuis environ un mois… c’est-à-dire depuis que le vétéran Hubert “Doc” Lavigueur à été nommé instructeur de ce club ».
Effectivement, lors de ce premier tour des séries éliminatoires, le « détail » comme on disait à l’époque, Rosemont a défait Ville Mont-Royal en deux matchs !
Dans les autres séries quart de finale, Saint-Henri a défait Laval, tandis que Villeray a éliminé Ville-Marie.
En demi-finale, Villeray affrontait Rosemont et, encore une fois, ce sont les troupiers de Hubert « Doc » Lavigueur du Rosemont qui l’ont emporté, obtenant leur laissez-passer pour affronter Saint-Henri dans la série finale de la ligue.
Dans cette grande finale, le Rosemont, qui a terminé la saison régulière en sixième position du classement, a éliminé Saint-Henri, et ce, en trois victoires consécutives.
Le championnat junior de la ville de Montréal
Comme pour les trois premières saisons de la Ligue Montréal Royale Junior, la troupe championne des séries éliminatoires a affronté les champions de la Ligue du parc Atwater pour déterminer l’équipe championne de la ville de Montréal.
Dans cette série, Rosemont a défait la troupe de la « Police juvénile junior », mettant ainsi la main sur le trophée perpétuel « Montréal-Matin ».
Les Québécois dans les ligues majeures
Comme en 1949, deux baseballeurs québécois ont évolué dans les ligues majeures en 1950, Paul Calvert, qui jouait la saison dernière pour les Senators de Washington, est maintenant avec les Tigers de Detroit, tandis que Sherry Robertson a de nouveau enfilé l’uniforme des Senators.
Calvert, un lanceur, a compilé un dossier de 2-2, avec 4 sauvetages pour les Tigers. Il a officié au monticule durant 51,1 manches, inscrivant 14 retraits sur des prises.
Il faut toutefois ajouter une réserve importante : ses quatre sauvetages de 1950 sont des reconstructions statistiques modernes, et non des statistiques qui apparaissaient dans les feuilles de statistiques de l’époque.
En fait, en 1950, la « victoire protégée » n’était pas encore une statistique officielle des Ligues majeures. Elle ne l’est devenue qu’en 1969. Toutefois, les ligues majeures ont attribué rétroactivement des sauvetages aux lanceurs des années antérieures !
Soulignons également que la règle des « victoires protégées » a beaucoup évolué au fil des ans.
Ainsi, pour la période 1920-1949, « Baseball-Reference » applique rétroactivement ce qu’il appelle la méthode « encyclopedia », c’est-à-dire que tout releveur qui terminait le match où les siens remportaient la victoire sans que ce lanceur ne soit crédité de la victoire obtenait un sauvetage.
À partir de 1950, on entre dans une période différente. Les critères qui correspondent essentiellement à la règle officielle introduite en 1969 sont appliqués rétroactivement aux saisons 1950-1968, soit :
– le releveur doit entrer dans le match avec son équipe en avance;
– il doit préserver cette avance;
– et il doit soit trouver le point égalisateur ou gagnant sur les buts ou au bâton, soit lancer au moins trois manches efficaces;
lorsqu’il y avait plusieurs releveurs admissibles, le marqueur pouvait déterminer lequel méritait le sauvetage;
un seul sauvetage pouvait être attribué dans une partie.
Quant à Sherry Robertson, en 1950, il a pris part à 71 matchs avec les Senators, maintenant une moyenne au bâton de 0,260.
Les baseballeurs québécois dans les ligues mineures du baseball majeur
Trois autres Québécois ont aussi évolué dans les ligues mineures du baseball majeur au cours de la saison 1950.
Stan Bréard, un joueur de champ intérieur né à Montréal en 1918, qui a joué en 1944, 1945 et 1946 pour les Royaux de Montréal de la ligue internationale (AAA) a évolué en 1950 pour l’équipe de Drummondville de la Ligue provinciale, un circuit de classe C affilié aux ligues majeures.
Jean-Pierre Roy qui a lancé 60 manches avec l’équipe de classe AA des Indians de Cleveland à Oklahoma City.
Earl Willis, un baseballeur montréalais qui a évolué pour les équipe du Laval, du Plateau Mont-Royal et de Verdun au sein de la Ligue Montréal Royale Junior a joué pour l’équipe des Giants de Oshkosh de la Wisconsin State League frappant pour une moyenne de 0,308!
Pour lire l’historique des autres années, du moins celles qui ont été compilées à ce jour, cliquez sur ce lien : Histoire du baseball junior à Montréal et de ses joueurs!
Photo ci-dessus : Les équipes de la Ligue Montréal Royale Junior ont la chance de joueur au stade des Royaux de Montréal lorsque l’équipe professionnelle de Montréal est sur la route!










