
Au jour le jour au baseball junior
Texte et recherches de Jacques Lanciault
Mirabel, Québec, le 9 octobre 2026 – Comme mentionné à plusieurs reprises dans mes précédents textes, lors de mon passage au sein de la « Ligue de baseball junior élite du Québec », j’ai, entre autres, voulu reconstituer l’histoire du baseball junior au Québec, en particulier l’histoire de cette ligue à laquelle je contribuais, un circuit qui avait pris son envol en 1947 !
Au cours de mes recherches, la saison 1956, une année où la Ligue Montréal Royale Junior fêtait son dixième anniversaire de fondation, m’a offert une documentation exceptionnelle sur l’histoire des dix premières saisons du circuit… Des faits historiques qui me, semble-t-il, ont largement été oubliés aujourd’hui !
J’ai retrouvé de longs articles publiés dans les quotidiens « Montréal-Matin » et « La Patrie », des textes qui racontaient de façon très détaillée et précise la naissance et les premières années du nouveau circuit.
Ces textes, non signés, émanaient fort probablement de la ligue elle-même, car ils étaient publiés intégralement tant dans le Montréal-Matin que dans la Patrie. Je suppose qu’ils avaient pour but d’inaugurer, en quelque sorte, les célébrations du dixième anniversaire de fondation de la ligue.
Cette série de textes constitue assurément le meilleur premier chapitre du grand livre de l’histoire de la ligue.
Ces articles sont des plus intéressants, car ils racontent comment naquit l’idée de créer une ligue de baseball junior à Montréal, de quelle façon Gérard Thibeault en est devenu le président, qu’elles ont été les étapes franchies pour créer un cadre juridique dans laquelle le nouveau circuit pourrait opérer et surtout comment ont été choisi les premières équipes à intégrer les cadres de la ligue !
Qui plus est on y explique comment le fait de jouer des matchs au stade Delorimier, sur le terrain des professionnels, a créé une émulation chez les jeunes joueurs de baseball !
Photo ci-dessus : Voici une photo publiée dans le quotidien Montréal-Matin de 1956 prise lors de la préparation des festivités du dixième anniversaire de la Ligue de baseball Montréal Royale Junior. On y retrouve les fondateurs de la ligue… Première rangée, de gauche à droite : Georges Mantha, Marc Fortier, le président Gérard Thibeault, J.-E.-U. Légaré, Rosie Ménard ; deuxième rangée, dans le même ordre ; Me Jean-Paul Dansereau, aviseur légal ; Jos DuTilly, Sylvio Mantha, C.-E. Raymond et Roger, secrétaire du président. (Photo : Montréal-Matin, par David Bier)
Évidemment, la photo tirée des archives n’était pas aussi belle. La netteté des visages, le contraste et la lisibilité des vêtements ont été améliorés par l’intelligence artificielle suite à une demande que j’ai transmise à ChatGPT. Il s’agit donc d’une photographie restaurée par intelligence artificielle.
Je publie ci-dessous intégralement cinq de ces articles retrouvés dans les archives numériques de « Bibliothèque et archives nationales du Québec ».
J’ai pris soin de recopier les textes, car la numérisation de vieux journaux comme « La Patrie » ou le « Montréal-Matin » n’est pas toujours parfaite.
L’arbitre en chef de la ville de Montréal avance une idée intéressante
Le premier texte présenté a été retrouvé dans l’édition du 14 janvier 1956 de « La Patrie ». Il raconte comment l’idée d’une ligue junior est née, une idée qui a été propagée par Arthur Prince, qui était alors arbitre en chef de la ville de Montréal.
Dixième anniversaire de la ligue de baseball Montréal Royale Jr
La Patrie, le 14 janvier 1956
« En fin de saison 1946, l’on songeait à fonder une ligue de baseball Junior à Montréal. Arthur Prince, arbitre en chef de la ville de Montréal, était en relation continue avec Mel Jones, gérant général des Royaux de Montréal, car Jones songeait à ouvrir les portes du stade de la rue DeLorimier aux jeunes de la Métropole.
Arthur Prince vint au chalet du parc Lafontaine avec cette nouvelle et l’idée qui, déjà, avait été mise de l’avant, prit de l’ampleur. Georges Mantha, alors surintendant des terrains de jeux de la Cité, emboîta le pas ; il voyait les juniors jouer au stade et sur les terrains de la ville.
Le point, cependant le plus important, n’était pas tant de grouper des équipes que de trouver un bureau de direction et surtout un président en mesure de donner l’élan nécessaire à un mouvement que l’on envisageait grand.
À cette époque, seulement 26 équipes de baseball évoluaient sur les terrains de la ville et à chaque année il fallait retrouver des bénévoles qui dirigeraient les équipes.
À la même époque, les Loisirs St-Louis de Gonzague, dirigés par Gérard Thibeault, connaissaient de véritables succès. Une entente entre l’Immaculée-Conception et St-Louis-de-Gonzague avait pour but de permettre à l’Immaculée-Conception de diriger les intermédiaires, les juniors et les juvéniles.
Le Père Robitaille, S.J., aumônier à l’Immaculée-Conception, voyait son rival Gérard Thibeault connaître de grands succès avec les jeunes de 10 à 16 ans et remporter des championnats. Il fut celui qui vendit l’idée à Georges Mantha de demander à Gérard Thibeault de diriger la ligue que l’on se proposait de fonder.
Dans l’intervalle, fin janvier 1947, une clinique de baseball était organisée à la Palestre Nationale. Al Campanis était l’invité. Il fallait tirer les conclusions de circonstance. Celui qui devait remplir ce rôle et remercier Campais étant absent. Gérard Thibeault fut invité à pied levé à servir de substitut.
Mel Jones était présent et ne comprenait pas le français. Il dut se contenter de regarder et d’étudier les réactions sur les figures des jeunes et des aumôniers. À la fin de la soirée, il fut présenté à Gérard Thibeault par Arthur Prince. Le lendemain, il endossait ceux qui voulaient Thibeault comme président ; les réactions de la veille avaient produit leur effet, car on ne peut créer autant d’entrain sans avoir une valeur de base.
Gérard Thibeault ne songeait nullement à diriger une ligue, il voulait encore “coacher” une équipe Junior, cultivant en cela un hobby qui datait depuis 1929. Toujours, il avait été un meneur de jeunes.
À une réunion préliminaire, tenue au chalet du parc Lafontaine, avant que la ligue ne soit officiellement fondée, des gens sérieux se groupaient et décidaient d’offrir la présidence d’une ligue de baseball Junior à Gérard Thibeault. Le Père Robitaille, S.J., aumônier des Loisirs de l’Immaculée-Conception, mérite des félicitations de la part des jeunes pour avoir orienté un citoyen moyen à diriger une organisation qui maintenant est la plus importante dans le monde du baseball amateur de la Métropole.
Lors d’une réunion subséquente, Gérard Thibeault acceptait la direction d’une organisation qui devait plus tard être incorporée sous le nom de Ligue de baseball Montréal Royale Junior. »
Arthur Prince prend son bâton de pèlerin et part en mission !
Le deuxième texte laisse mieux entrevoir le travail réalisé par Arthur Prince. Ce texte a été publié dans le Montréal-Matin du 17 janvier :
Arthur Prince a beaucoup aidé à la ligue Montréal Royale jr
Montréal-Matin, 17 janvier 1956
Un des collaborateurs de la première heure pour lequel la ligue Royale junior se doit de garder un agréable souvenir est Arthur Prince, qui était arbitre en chef des terrains de jeux de la ville de Montréal. C’était une situation que Prince s’était gagnée par son travail et sa réputation d’arbitre dans le baseball.
Il était dans son élément en orientant d’autres arbitres qui suivaient ses directives. Pour remplir ce rôle ingrat et tant critique, Prince au chalet du parc Lafontaine, a préparé tout un groupe qui actuellement remplit cette tâche avec sérieux et succès.
Toujours en contact avec les autorités du baseball, il avait suggéré à Mel Jones l’idée de faire jouer les juniors au stade de la rue Delorimier. Il fallait une âme dirigeante à cet effet et Prince se faisait fort de gagner Thibeault à sa cause.
Lors d’une assemblée des Loisirs de Maisonneuve sur le baseball et le sport. Gérard Thibeault était le conférencier invité. Arthur Prince était chargé de le remercier. Prince admit ce soir-là que pour une fois, il avait appris du nouveau au sujet du baseball, surtout quant à la façon de présenter ce sport à un petit monde anxieux de pratiquer ce jeu. Dès lors, il devint le propagandiste de l’idée que Thibeault devrait devenir président du baseball junior à Montréal.
Lors d’une conversation intime entre Prince et Thibeault, ce dernier admettait ne pas connaître le baseball au point de diriger une ligue. Prince répondit : “Si vous avez des problèmes quant aux règlements, à titre d’arbitre en chef, je suis en mesure de vous aider. D’ailleurs cela se produit dans les grandes ligues. Ce qu’il faut c’est quelqu’un qui a le sens de l’organisation.”
Arthur Prince à temps et à contre temps a mobilisé tous ses amis pour vendre son idée. Il a réussi et a laissé une belle impression qu’en mémoire des services rendus, la ligue Royale Junior et son président Gérard Thibeault ont offert à la suite de son décès un “Trophée Souvenir Arthur-Prince” emblème de la suprématie du baseball senior à Montréal.
Prince a rendu service à la ligue et au président et il méritait bien pareil souvenir et que son nom soit perpétué.
Ce texte vient corriger la tradition qui a longtemps présenté Gérard Thibeault comme le fondateur de la Ligue Montréal Royale Junior. Gérard Thibeault fut le premier président de la ligue, tandis que l’idée même d’un circuit junior montréalais avait d’abord été avancée par l’arbitre en chef de la ville de Montréal, Arthur Prince, qui avait soumis son idée Mel Jones, le gérant général des Royaux de Montréal, et à Al Campanis, un des dirigeants des Royaux de Montréal. Les deux hommes réunirent ensuite les personnalités qui allaient donner naissance au nouveau circuit.
Le travail acharné du premier bureau de direction de la ligue
Le troisième texte décline, quant à lui, le travail accompli par le premier bureau de direction de la ligue pour donner un cadre légal et réglementaire au circuit. Ce texte a été publié dans le Montréal-Matin, le 21 janvier 1956.
La ligue Montréal Royale Jr a été organisée dans le but d’aider la jeunesse sportive
Montréal-Matin, 21 janvier 1956
L’idée d’une ligue de baseball junior ayant fait son chemin, le choix du président Gérard Thibeault avait créé l’unanimité autour d’une organisation dont le but était d’aider la cause du sport et de la jeunesse. Il s’agissait dès lors de trouver des collaborateurs sérieux et animés des mêmes sentiments. Une première assemblée était convoquée à l’hôtel St-James afin de grouper des sportifs désireux d’apporter leur expérience au service du sport et de la jeunesse.
Un comité temporaire fut immédiatement formé somme toute, composé de personnages qui pour la première fois étaient appelés à travailler ensemble. Les charges furent acceptées temporairement en attendant d’élire un bureau appelé à diriger la ligue de façon permanente.
Jean Barrette fut choisi 1er vice-président et Lloyd MacGowan, 2e vice-président. C’étaient des journalistes de carrière et tous deux voulaient aider la cause de la Ligue en orientant la publicité.
Le secrétariat échut à J.-H. Lavigne et le trésor à J.-E.-U. Légaré. Ce dernier, en 1945 et 1946, avait dirigé une ligue de baseball senior et de plus c’était un comptable de réputation.
Alexandre Duranceau, le futur président de la Q.A.H.A., accepta la charge d’aviseur légal.
NDLR Le sigle Q.A.H.A. signifie : « Quebec Amateur Hockey Association ».
Jos Dutilly, trésorier de l’O.T.J., représentait l’œuvre des terrains de jeux à titre de directeur.
À lui se joignaient Sylvio Mantha, C.-E. Hémond, Morray Bruker, Syd Olstead et Marc Fortier.
Les noms mentionnés inspiraient confiance. Cependant, avant d’accepter des équipes dans la ligue, il fallait bâtir un schéma de constitution et tracer les grandes lignes des règlements. Tous ceux qui actuellement jouent dans les parcs de la ville ignorent les services que le bureau de Direction de la Ligue leur a rendus.
Georges Mantha exerçait ses fonctions au chalet du parc Lafontaine depuis 1943. Il avait édifié des lois régissant les sports qui un jour devraient, un peu comme des statuts, être refondues. Il avait donné une impulsion nouvelle aux sports sur les terrains de la ville et son personnel alors restreint lui empêchait de compléter ce travail.
Il saisit l’occasion qui se présentait à la suite de la fondation de la ligue Royale Junior.
Le président et le bureau de direction de la ligue se sont réunis au moins une fois par semaine durant un an.
Une constitution fut rédigée. Les règlements qui devaient régir les équipes étaient élaborés de façon à servir à la ligue et à toutes les équipes de quelque sport que ce soit, appelées à jouer sur les terrains de la ville.
Tous les articles étaient sassés et resassés. De longues discussions s’ensuivirent et la rédaction définitive des règlements servit durant nombre d’années. Même aujourd’hui (NDLR en1956), avec le progrès que connaît actuellement l’organisation des Parcs et Terrains de Jeux dans la Métropole, très peu de changements ont été apportés. Il est arrivé plus d’une fois que des critiques ont été adressées la Ligue par certaines équipes, car on prétendait qu’elle acceptait trop facilement les directives de la ville.
L’on oubliait la raison d’être de la Ligue et son but principal. La grande ambition de la Ligue était de servir de modèle aux autres organismes de la Métropole, se soumettant aux directives.
Elle devait donner le ton et Georges Mantha était à certains égards plus fier de la Ligue Junior que le président Gérard Thibeault.
Tout le travail fourni le fut à titre bénévole et les avocats Alexandre Duranceau et Jean-Paul Duranceau ont travaillé à la rédaction de la charte à titre gracieux.
De plus il faut que le public et les dirigeants des équipes se mettent dans l’idée que la Ligue est un corps amateur uniquement voué au service de la Jeunesse dans le but de lui montrer le sens de la discipline, le respect de l’autorité, tout en lui permettant de dépenser le trop-plein de son énergie.
Peu de citoyens sportifs ont accumulé autant de mérite par leur travail en faveur de l’avancement du sport et de la cause de la jeunesse que les dirigeants de la Ligue Montréal Royale Junior.
Le recrutement des équipes
Le 4e texte, tout aussi intéressant que les trois premiers, raconte et explique quelles équipes ont été choisies… et pourquoi elles l’ont été. On y apprend entre autres, que seules les équipes provenant de la Ville de Montréal de cette époque ont été acceptées.
Le texte original a été publié dans l’édition du Montréal-Matin du 4 février 1956 !
Huit équipes formaient les cadres de la ligue Royale Jr il y a dix ans
Montréal-Matin, le 4 février 1956
Le principe d’une ligue de baseball étant accepté et établi, le bureau de direction organisé, il s’agissait tout simplement d’y incorporer des équipes. Des principes furent mis de l’avant, à savoir : 1°) aucune publicité commerciale ne devrait être acceptée ni encouragée ; 2°) de donner aux équipes des noms de zones ou de régions.
Les raisons qui motivaient ces décisions avaient été vécues antérieurement et en consacrant le principe d’organismes plutôt neutres et régionaux, l’on partait sur un bon pied car il était arrivé plus d’une fois aux organisateurs bien intentionnés de cesser leurs activités et les équipes par la suite restaient en plan.
L’est de Montréal se voyait octroyer la franchise du Ville-Marie. Le quartier Rosemont, l’équipe qui porte le nom de la région. Le Parc Lafontaine donnait asile à l’équipe Plateau Mont-Royal, le Parc Jarry l’équipe qui portait le nom du même parc mais qui devait changer l’année suivante en celui de Villeray. L’extrême nord acceptait le nom Laval pour son équipe et St-Henri acceptait le nom de son quartier. Deux associations, la Palestre Nationale et le Y.M.H.A., étaient également représentées. La première jouait au Parc Jarry, la seconde sur son terrain au Parc Jeanne-Mance.
L’on remarquera que l’ouest de la Ville, à savoir les quartiers Côte-des-Neiges et Notre-Dame-de-Grâce, n’était aucunement représenté. Le nombre des franchises au début ne fut que de huit pour la raison bien simple que l’on en réservait deux qui devaient tôt ou tard couvrir la partie ouest de la Métropole.
Lors des premières assemblées, les personnes les plus assidues étaient les représentants de Verdun et de la Ville Mont-Royal. Pour des raisons fort explicables, les autorités du chalet du parc Lafontaine ne voulaient aucunement accepter des équipes de la périphérie. L’on voulait d’abord organiser solidement les terrains de jeux de la métropole quitte ensuite à accepter des franchises additionnelles.
Il n’y avait pas d’hommes plus désappointés de cette décision qu’Arthur Therrien et son inséparable compagnon A. Piché.
La partie de la métropole qui a demandé de la part du président Gérard Thibeault plus de travail que d’autres pour cette première année fut le Rosemont. Le Jardin-Botanique avait été aménagé à neuf avec des estrades et un dug-out neufs.
De plus, le public de cette région était friand du baseball. Les premières personnes à accepter de diriger des équipes sur ce parc voulant sur l’endos des costumes y appliquer une annonce commerciale.
A cause du refus de cette demande, ils se désistèrent de leur franchise. Rosie Ménard entra en contact avec la famille Parent dont le père et les deux fils étaient anxieux de diriger une organisation de jeunes.
Les deux fils Parent devaient la même année être activement mêlés tous deux au hockey avec le National qui à ce moment-là faisait fureur. Jimmy Churchill accepta d’être nommé coach et avant même qu’il n’accepta l’exercice de ces fonctions, il avait signé John Harmidy qu’il avait baptisé “The little man with a big heart ».
Parmi les autres équipes à enrégimenter des vedettes, soulignons les activités de Billy Innis, le vétéran coach du baseball amateur, qui dépassait 75 ans et qui avait beaucoup de plaisir à donner ses directives au bouillant, Tony Malfara et à ses jeunes du National.
Le Laval était dirigé par Kid Goyer, vétéran joueur de premier but, Bill Turner, lanceur bien connu, l’assistait. Le St-Henri était chanceux que Sylvio Mantha puisse s’occuper des juniors, mais l’équipe la plus favorisée fut sans contredit le Plateau Mont-Royal. Wilfrid Danis, gérant général et agent d’affaires de l’équipe, était entré en contact avec Ray Cutter, qui réalisait l’ambition de sa vie de donner des conseils aux jeunes.
Par la suite, Ray Cutter devait passer au Rosemont, lorsque cette dernière franchise fut absorbée par les Loisirs St-Marc et l’abbé Cornellier. Dans le sous-sol de l’église St-Marc, Ray Cutter donnait des cours sur le baseball. Il écrivit un livre inspiré sans doute par l’abbé Cornellier, mais qui rendit de très grands services aux jeunes.
Au début, le bureau de direction avait l’entière autorité sur les équipes et les équipes se présentaient de temps à autre au Chalet du parc Lafontaine pour recevoir les instructions que le président leur remettait au nom du bureau de direction.
Les réunions générales des équipes, telles qu’elles se font aujourd’hui (NDLR En 1956), n’avaient lieu que trois ans plus tard. Le but de cette attitude était de vivre les expériences de la ligue Royale Junior et de permettre aux autorités du Chalet du parc Lafontaine de donner à toutes les autres organisations qui jouaient sur les terrains de jeux de la métropole les mêmes directives, sans qu’il y ait de critiques.
Maintenant (NDLR En 1956) que la ligue Royale Junior a passé son stage expérimental, elle connait une indépendance de bon aloi mais s’efforce de ne jamais déroger des principes qui, jusqu’à date, ont été la cause de ses succès. D’ailleurs, le président Gérard Thibeault surveille toujours l’orientation donnée à sa ligue dans ce sens.
L’importance de l’acceptation des Royaux de prêter le stade Delorimier pour les juniors
Au cours des trois premières saisons de la ligue, les Royaux de Montréal, l’équipe professionnelle filiale des Dodgers de Brooklyn a accepté de prêté le stade Delorimier, lors de ses voyages sur la route, à la ligue Montréal Royale Junior pour qu’elle y présente ses matchs !
Évidemment, comme ce fut d’ailleurs le cas avec les Expos de Montréal, le fait pour les jeunes joueurs d’évoluer sur le terrain des professionnels en a rendu plus d’un accroc au baseball. Mais contrairement à l’époque des Expos, le fait pour les jeunes de joueur sous les réflecteurs était peut-être plus attirant encore que de joueur sur le terrain de leurs idoles !
Le cinquième texte que nous présentons dresse les grandes lignes de cette collaboration. Ce texte a été publié dans le Montréal-Matin le 17 février 1956.
Le fait de jouer au stade fut un bon stimulant pour la ligue Royale Junior
Montréal-Matin, le 17 février 1956
Un des facteurs importants dans la réussite de la ligue Royale Junior, à ses débuts, fut l’ouverture des portes du stade de la rue Delorimier à la jeunesse.
En 1947, la balle-molle était le sport en vogue, les exigences de ce jeu, surtout durant la crise, étaient modestes. Mais à vouloir monter des organisations quasi professionnelles, les conditions changeaient du tout au tout et la transition se trouvait toute prête pour vendre l’idée du baseball qui s’organisait sur une base strictement amateur et supplanta la balle-molle dans l’est et le nord.
Pour un jeune, évoluer sur le monticule de Jean-Pierre Roy, sur le terrain de Roland Gladu et Stan Bréard, c’était la réalisation d’un rêve.
Cependant, en 1947, sur les 8 équipes en lice, toutes n’étaient pas de calibre. Pour être en mesure de former des équipes balancées, la ligue permit cette première année à tout jeune homme qui ne dépassait pas 21 ans de pouvoir jouer.
Le premier dimanche qui fut alloué à la ligue Royale fut idéal et la foule répondit d’emblée.
Ce fut probablement le plus beau succès connu au stade. Environ 5,000 personnes assistaient au début des premières parties, car un programme double fut présenté mettant aux prises le Y.M.H.A. contre le National et le Plateau Mont-Royal vs St-Henri.
Le maire de Montréal, Camillien Houde, lança la première balle. Jean-Paul Poirier lança pour le St-Henri une partie d’un point mais sans coup sûr. Quant au National, il s’avéra vraiment trop fort pour son rival.
Malgré ce succès, les joueurs des équipes n’avaient pas encore atteint le but proposé. L’on se figurait que le stade serait une attraction, ce qui était vrai, mais pour les Juniors, l’ambition était de jouer sous les réflecteurs. Seize dates étaient accordées à la ligue et c’était à qui jouerait la seconde partie du soir.
Cette ambition de jeunes causait un cauchemar au président Gérard Thibeault et à son bureau de direction. Le stade ne demandait que le paiement de l’électricité dépensée. Le public payait une minime contribution et un grand nombre de passes étaient distribuées afin de créer un “following”. Les directeurs et les joueurs entrevoyaient un surplus et même croyaient recevoir une compensation pour les aider à défrayer les dépenses.
Jamais, en aucune circonstance, le fait de jouer au stade fut avantageux au point de vue pécuniaire. Pour aider les équipes par la suite, le stade fournit l’électricité gratuitement, le public fut invité sans payer et le président donnait 6 baseballs à chacune des équipes lors de chacune des parties cédulées au stade. Il faut dire que les lumières dans les parcs de la ville furent un peu responsables de cet état de chose.
Il ne faut pas oublier de souligner la collaboration entre l’Oeuvre des Loisirs Diocésains et la Ligue Royale Junior à cette époque. M. Joseph Dutilly, directeur de I’O.T.J., représentait ces organisations sur le bureau de direction de la ligue Royale Junior et tous ceux qui travaillaient d’un commun accord avec lui ont répondu généreusement aux invitations qui leur étaient lancées de suivre les juniors au Stadium.
Cette même année, M. Albert Valois et M. Dutilly ont parcouru les parcs de la ville et tous deux ont reconnu que l’organisme qui travaillait le plus en faveur de la jeunesse était la Ligue Royale Junior. Le dimanche qu’ils ont parcouru les parcs de la ville, ils ont estimé à 20,000 personnes le nombre des spectateurs qui suivaient les activités de la Ligue Montréal Royale Junior.
Custeau était secrétaire de I’O.T.J. à cette époque. La Ligue Royale Junior a été l’organisme amateur qui a le plus fait dans la ville de Montréal, peut-être pour occuper la jeunesse, mais surtout pour occuper les loisirs des aînés. La grande raison du succès de la Ligue fut d’encourager les talents locaux et chaque jeune a autour de lui un groupe d’admirateurs qui le suit, l’encourage. N’est-ce pas là la plus belle façon de travailler dans l’intérêt de la jeunesse de l’O.T.J. diocésaine de Montréal. Elle mérite de la part des autorités de la Ligue Royale Junior les plus sincères remerciements pour la collaboration qui s’est toujours avérée heureuse.
Pour lire l’historique des autres années, du moins celles qui ont été compilées à ce jour, cliquez sur ce lien : Histoire du baseball junior à Montréal et de ses joueurs!






