Les négligés… de 200 millions $

Baseball et softball15 years ago161 Views

Revue de presse

Denis Poissant, Le Journal de Montréal, le 1er avril 2011

Russell Martin NEW YORK – Russell Martin marchait d’un pas pressé dans le vestiaire des Yankees, 90 minutes avant le match d’ouverture, un gros cartable de notes sur les Tigers sous le bras.

Il sortait d’une xième réunion. Au royaume des Bombardiers du Bronx, rien n’est laissé au hasard dans la quête d’un 28e titre de la Série mondiale.

Photo ci-dessus : Russell Martin félicite le releveur Mariano Rivera qui vient de réussir son 560e sauvetage en carrière.

« C’est toute une organisation, dit Martin en rangeant ses affaires personnelles dans son casier ultra-sophistiqué, doté d’un petit ordinateur intégré au mur.

Quand on se construit un stade de 1,5 milliard $, il faut bien qu’il y ait ce genre de luxe !
C’est jour d’ouverture et toute la Grosse Pomme vibre pour le baseball. Les médias s’emballent, le public capote. Bienvenue à New York.

« On sent l’excitation partout en ville, j’adore cette atmosphère », confie Martin, qui a passé ses quatre premières saisons dans un environnement beaucoup plus relaxe, à Los Angeles.

Humilité
Ces six dernières semaines, il a appris à mieux connaître ses nouveaux coéquipiers, comme Derek Jeter, Alex Rodriguez, Mariano Rivera et Jorge Posada, de grandes vedettes.

« Tous ces gars-là sont humbles, c’est incroyable, dit Martin. Je m’attendais à voir plus d’egos dans l’équipe et ce n’est absolument pas le cas. On sent tout de suite que c’est un groupe spécial, de la façon dont les gars interagissent. Tout le monde veut gagner, c’est la seule chose qui compte. Personne ne parle de statistiques personnelles.»

En entendant la conversation en français, son voisin de casier Nick Swisher tend l’oreille, et affiche une mine perplexe exagérée en ouvrant de grands yeux, fidèle à son statut de sympathique bouffon de l’équipe.

« Tu veux apprendre le français ? », lui lance le receveur tandis que Swisher s’éloigne en se dandinant.

« Il en déplace de l’air celui-là ! confie Martin en riant. C’est l’exemple même du gars qui ne se prend pas pour un autre. C’est ça, les Yankees. »

Les doutes s’estompent
Il y avait pas mal de points d’interrogation dans le petit monde des Yankees au début du camp d’entraînement. L’équipe vieillit et a fait chou blanc sur le marché des joueurs autonomes pour renflouer sa rotation, amputée d’un gros morceau avec la retraite d’Andy Pettitte.

« Mais tous les lanceurs ont bien fait, il y avait une belle compétition durant le camp, explique Martin. Le jeune Ivan Nova m’a particulièrement impressionné avec sa précision. J’ai agi comme receveur dans deux de ses départs, dont la fois où il a lancé six manches sans accorder de point, ni de coup sûr. Il a une bonne balle rapide qui bouge, et une excellente courbe. »

Avec un personnel de lanceurs partants composé de CC Sabathia, A.J. Burnett, Phil Hughes, Nova et Freddy Garcia, les Yankees croient avoir les outils pour rivaliser avec les Red Sox, favoris pour décrocher le titre dans l’Est. Au bâton, aucun problème à l’horizon ; les Yankees ont tout ce qu’il faut pour dominer l’Américaine à l’attaque encore une fois.

« C’est un peu nouveau de se retrouver dans le rôle de négligés, dit Martin. Mais on ne se préoccupe pas des prédictions. Ça se joue sur le terrain et on verra bien à la fin de la saison où toutes les équipes se situeront.»

Négligés… Un bien drôle de mot pour une équipe dotée d’une masse salariale de 200 millions et qui tentera de se tailler une place en séries une 16e fois en 17 ans.

Chose certaine, la première série entre les Red Sox et les Yankees ne manquera pas de piquant !

Revue de presse publiée par Jacques Lanciault.

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