
Texte, recherches et photos de Céline et Jacques Lanciault
Voici le 18e d’une série de reportages sur un captivant périple qui nous a permis de revoir la ville de Londres et de naviguer de Southampton à La Coruña, découvrant au passage Bruges, le mont Saint-Michel, Saint-Malo, Lorient, La Rochelle, Bordeaux et Bilbao. Une magnifique odyssée réalisée à la toute fin de l’été 2024.
Londres, Royaume-Uni, dimanche le 8 septembre 2024 – Après notre longue promenade d’hier sur la rive sud de la Tamise, nous avons prévu, pour notre dernière journée à Londres, à peu près le même type de balade, mais cette fois-ci sur la rive nord du fleuve!
La Sommerset House, un magnifique bâtiment qui abrite l’Institut Courtauld et la collection d’œuvres d’art de la Courtauld Gallery, est la première visite inscrite à notre programme pour ce matin!
Jamais toutefois, nous n’avions imaginé nous arrêter aussi souvent en cours de route.
Après la traversée du Westminster Bridge, nous filons sur le Victoria Embankment, le quai Victoria, où rapidement nous nous arrêtons devant un monument exceptionnel titré The Battle of Britain, « La bataille d’Angleterre »!
Le monument est constitué d’un nombre considérable de reliefs en bronze commémorant les personnes qui ont pris part à la bataille d’Angleterre pendant la Seconde Guerre mondiale. L’œuvre superbe est du sculpteur britannique Paul Day, le même qui a réalisé la statue géante « The Meeting Place », que nous avons admirée à la gare Saint Pancras, une statue qui est également décorée à sa base du même genre de reliefs spectaculaires en bronze.
Puis, avant d’arriver à la Courtauld Gallery, nous traversons le superbe « Jardin de Whitehall », nous revoyons Trafalgar Square, et nous découvrons un autre Cabmen’s Shelter!
Photo ci-dessus : Une des scènes immortalisées dans le bronze du monument de la « La bataille d’Angleterre » qui peut être admiré en bordure de la Tamise sur le « Victoria Embankment ».
N.-B. : Pour regarder le diaporama des photos présentées sur cette page, cliquez sur n’importe laquelle des photos.
Autre réveil tôt ce matin; nous désirons profiter au maximum de notre dernière journée de visite dans la capitale de l’Angleterre.
Ragaillardis par un autre excellent petit-déjeuner au restaurant de notre hôtel à Londres, le Park Plaza Westminster Bridge, nous sortons à 9 h 30. C’est encore nuageux, mais pour le moment, il ne pleut pas.
Nous traversons de nouveau le Westminster Bridge… et encore une fois je ne peux m’empêcher de photographier Big Ben et le Palais de Westminster!
Le pont traversé, nous tournons à droite sur le Victoria Embankment, une voie de circulation qui longe la Tamise sur sa rive droite.
Photo ci-dessus : De la rive droite de la Tamise, nous avons une vue imprenable sur la « Grande roue de Londres », la « London-Eye ».
Le monument de la bataille d’Angleterre
Puis nous arrivons devant un très long monument! Il est titré The Battle of Britain, « La bataille d’Angleterre », et il affiche un grand nombre de superbes bas-reliefs en bronze!
Un site Internet (https://bbm.org.uk) explique en long et en large le monument.
Nous y apprenons « qu’il a été délibérément conçu pour être “à la hauteur des gens”. L’objectif étant que ceux-ci interagissent avec le monument lui-même. »
« Le cœur du monument est constitué de plusieurs scènes, non seulement de la bataille d’Angleterre elle-même, mais aussi de sujets liés à la vie militaire et ordinaire de l’époque. Les scènes représentent également des travailleurs qui soutenaient les aviateurs pendant la bataille, comme :
. les observateurs à la recherche d’avions ennemis;
. le personnel technique au sol;
. les femmes travaillant dans les usines de munitions;
. ainsi que les personnes participant au blitz. »
Photo ci-dessus : Le monument « La bataille d’Angleterre » a été conçu pour commémorer les personnes qui ont pris part à la bataille. Les aviateurs (1) sont commémorés par une grande plaque en bronze où leurs noms sont inscrits.
(1) : 2 937 aviateurs britanniques et alliés ont été honorés pour avoir effectué au moins une sortie lors de la bataille d’Angleterre, elle qui eut lieu entre le 10 juillet et le 31 octobre 1940. Le terme « aviateurs » a été utilisé, car outre les pilotes, il y avait également des membres d’équipage, des observateurs et des artilleurs.
Le monument lui-même présente des scènes visant à se souvenir de tous ceux qui ont pris part à la bataille, à la fois les militaires et les civils!
Assez étrangement, il nous a semblé que les magnifiques reliefs nous étaient familiers. Ce n’est qu’en effectuant nos recherches en vue de la rédaction de ce texte que nous avons compris pourquoi.
Les reliefs ont été réalisés par le sculpteur britannique Paul Day (1967-), lui qui est l’auteur de la statue géante « The Meeting Place », que nous avons admirée à la gare Saint Pancras il y a quelques jours. Cette statue est également décorée à sa base du même genre de reliefs spectaculaires en bronze.
Le monument de « La bataille d’Angleterre » a été inauguré le 18 septembre 2005 par le prince Charles, aujourd’hui le roi Charles III, et son épouse Camilla, duchesse des Cornouailles..
Mais qu’est donc que cette fameuse « Bataille d’Angleterre »!
Grâce à nos connaissances historiques, nous savions que la « Bataille d’Angleterre » se rapportait à la Deuxième Guerre mondiale, mais nos références à cette bataille s’arrêtaient là.
Encore une fois, le site Internet de la « Bataille d’Angleterre » explique ce qu’était cette bataille!
« En juin 1940, les forces du Troisième Reich se préparaient à envahir les îles britanniques. Après avoir conquis la France, la Belgique, la Hollande, le Danemark et le Luxembourg, seule la Grande-Bretagne se dressait entre Hitler et la domination totale de l’Europe occidentale.
Avant de pouvoir lancer une invasion, il fallait que la Luftwaffe allemande prenne le contrôle du ciel de la Manche, de Londres et du sud de l’Angleterre. La Luftwaffe était aguerrie au combat après les campagnes de bombardement en Espagne, en France, en Pologne et aux Pays-Bas, par rapport aux pilotes alliés qui manquaient d’expérience et étaient largement dépassés en nombre.
Les pilotes de la toute jeune Fighter Command de la RAF se sont battus avec courage et ténacité, finissant par vaincre la Luftwaffe et obligeant les Allemands à reporter et finalement à annuler leurs plans d’invasion.
Des 2 937 aviateurs britanniques, européens et du Commonwealth, 544 ont perdu la vie au cours de la bataille et 795 autres n’ont pas vécu assez longtemps pour voir la victoire finale en 1945. »
Les magnifiques bas-reliefs du monument « La bataille d’Angleterre »
Voici les photos que nous avons prises des reliefs. Pour chacune d’elle, nous présentons les explications des scènes… telles que décrites par Paul Day, le sculpteur du monument de « La bataille d’Angleterre à Londres »!
Photo ci-dessus : Une vue d’ensemble du premier côté du monument « La bataille d’Angleterre ».
Photo ci-dessus : « L’attente du signal de mise en alerte ou de décollage permettait aux pilotes de se reposer. La Manche en arrière-plan rappelle que de nombreux pilotes ont fini par y trouver un lieu de repos permanent. »
Photo ci-dessus : « Dispersés le long de la côte et à l’intérieur des terres, les 30 000 observateurs parcouraient sans cesse les airs pour intercepter, visuellement et oralement, les ennemis. Après la RDF (Radio Direction Finder), ils constituaient la ligne de défense suivante et étaient essentiels pour relayer les informations. »
Photos ci-dessus : « Personne ne loue autant le travail des équipes au sol que les pilotes eux-mêmes, dont la vie dépendait de la vigilance et de l’efficacité de leurs collègues de la RAF. Leurs tâches étaient plus répétitives, leur héroïsme moins prestigieux que celui des pilotes, mais ils partageaient largement le danger et prenaient autant de risques. Des raids de bombardement aux rafles de mitrailleuses par les chasseurs ennemis, les équipes au sol ont dû faire face à la bataille au plus près. Ici, les armuriers se débattent avec des ceintures de balles tout en armant les Hurricanes. »
Photos ci-dessus : « Ce moment classique, celui où le signal de décollage est donné, devait occuper le devant de la scène. C’est le symbole même de la bataille. Dans ce cas, les pilotes surgissent du mur, de leur mémorial et arrive sur le trottoir, dans notre monde, un rappel pour dire que ces hommes ont vraiment existé et ont fait ces choses incroyables! »
Photo ci-dessus : « Représenter une bataille aérienne en peinture ou en sculpture n’est pas chose aisée. La peinture d’aviation a adopté le point de vue d’une lentille fixe fixée sur l’aile d’un avion maintenu à bonne distance de l’action pour servir les besoins de la composition. L’image est généralement prise au millième de seconde et fige complètement l’action. J’ai adopté l’idée que le combat aérien se déroulait avant tout dans le cockpit et dans l’œil du combattant! »
Photos ci-dessus : « Le pilote n’est cependant pas seul. Ses mouvements sont suivis; son discours frénétique passe directement de l’air aux oreilles des jeunes filles qui sont en communication avec les pilotes… qui l’emmènent vers la victoire et le ramènent chez lui en toute sécurité et qui, dans certains cas, ont même partagé leurs derniers moments d’agonie.
Photo ci-dessus : Une vue d’ensemble de l’autre côté du monument “La bataille d’Angleterre”.
Photo ci-dessus : “Des gens du Kent observent depuis des abris la bataille aérienne qui fait rage au-dessus de leur tête. L’expression sur de nombreux visages semble être plus celle de la curiosité et de la fascination. La véritable nature de la menace n’était pas encore apparente!”
Photo ci-dessus : “Les artilleurs se passent les obus de l’un à l’autre avant qu’ils ne soient finalement déchargés dans le ciel.”
Photo ci-dessus : “Cette guerre a marqué un tournant dans l’évolution de l’attitude de la société envers les femmes sur le lieu de travail. Le rôle des femmes ouvrières ne s’arrêtait pas aux portes des usines d’avions et de munitions. Les femmes pilotes de transport pilotaient également les avions de l’usine à l’aérodrome!”
Photos ci-dessus : L’auteur de la sculpture, Paul Day nous explique ici ce qu’il voulait démontrer avec ce panneau de son œuvre : “Dans mon esprit, les pilotes doivent être au centre de ce monument, des deux côtés. Leur vie est au cœur de ce monument.”
J’ai choisi de représenter le combat aérien du point de vue d’un pilote et non celui d’un peintre d’aviation. J’ai placé ici la tête d’un pilote de Messerschmitt sur l’épaule d’un pilote de la RAF pour essayer de créer le sentiment d’un duel entre deux chevaliers de l’air, à proximité et à mort. »
« Les pilotes des deux camps avaient un profond respect l’un pour l’autre. De même, dans cette œuvre, j’admire tous les jeunes hommes qui ont participé. »
Photos ci-dessus : « La cathédrale Saint-Paul est devenue le symbole de la résistance pendant le “Blitz”, car elle est restée debout alors que tout autour était démoli. »
Photo ci-dessus : « Il est terrifiant de voir des gens se réveiller le lendemain d’un bombardement et de trouver leur maison détruite. Bien sûr, certains ne se sont pas réveillés du tout. Cette scène est un hommage aux services de secours et un rappel que, bien que le peuple britannique ait été éprouvé par le feu, la nation n’a jamais connu l’occupation et le traumatisme que cela a entraîné. »
Photo ci-dessus : « Faire du thé dans un abri n’est pas un acte de grand héroïsme, mais plutôt un acte de défi. J’aime cette image de l’esprit britannique de 1940 », conclut Paul Day.
Le mémorial de la RAF et celui de Samuel Plimsoll
Nous poursuivons notre promenade sur le Victoria Embankment et arrivons devant un autre monument.
Il s’agit du mémorial de la Royal Air Force dédié à la mémoire des victimes de la RAF pendant la Première Guerre mondiale!
Photos ci-dessus : Le « Mémorial de la RAF » a été conçu par l’architecte britannique Sir Reginald Blomfield (1856-1942) et il a été dévoilé en 1923. Il est constitué d’une colonne de forme effilée en pierre de Portland, surmontée d’un globe portant un aigle doré, tiré de l’insigne de la RAF. L’aigle a été sculpté par l’artiste écossais William Reid Dick (1878-1961).
Tout près, il y a un autre monument!
Photo ci-dessus : Le mémorial de Samuel Plimsoll (1824-1898) a été érigé en 1929. L’œuvre est du sculpteur d’origine suisse qui a travaillé en Angleterre, Ferdinand Victor Blundstone (1882–1951). Il vise à honorer la mémoire de cet homme politique britannique qui contribua à la sécurité et au bien-être des marins. Le bronze, qui pèse trois tonnes, se trouve à quelques pas au nord du Parlement, ce qui semble être un endroit approprié pour rendre hommage à celui qui a placé la sécurité des gens au-dessus des profits.
Les Jardins de Whitehall
Nous entrons dans un magnifique parc où la végétation est superbe. Il s’agit du Whitehall Gardens qui est situé devant l’édifice du Royal Horseguards Hotel.
Photo ci-dessus : L’affiche qui nous indique que nous sommes dans « Whitehall Gardens ».
L’édifice a été construit en 1884 dans le cadre d’un ambitieux projet de développement d’hébergement résidentiel de luxe à Whitehall.
Photos ci-dessus : Les Jardins de Whitehall ont été aménagés en 1875 par l’architecte britannique George Vulliamy (1817-1886). Il présente une merveilleuse gamme d’arbustes, de massifs, de platanes londoniens matures, de tilleuls et d’autres arbres.
Photo ci-dessus : On retrouve trois statues dans « Whitehall Gardens », dont celle de Sir Henry Bartle Frere (1815-1885) qui a été un administrateur colonial britannique. La statue est du sculpteur Thomas Brock (1847-1922).
Photos ci-dessus : Un autre sculpture se dresse dans le Jardin de Whitehall, soit un monument à la mémoire de James Outram (1803-1863), un général britannique qui a combattu lors de la rébellion indienne de 1857. L’œuvre est du sculpteur britannique Matthew Noble (1817-1876).
Un deuxième Cabmen’s Shelter
Nous sortons du Whitehall Gardens et nous nous mettons à la recherche du Cabmen’s Shelter de l’Embankment Place!
Lors de notre visite du Russell Square Garden, il y a quelques jours, nous avons admiré un Cabmen’s Shelter. C’est une petite maison en bois, peinte en vert, posée au bord des rues qui servait jadis « d’abris pour conducteurs de fiacres ».
Lors de la préparation de nos visites à Londres, nous avons appris que pas moins de 61 maisonnettes ont ainsi été créées en 1875 pour abriter les cochers de calèches et leur permettre de faire une pause et de manger un repas chaud dans un endroit abrité.
Soucieux de conserver ce patrimoine, ces abris sont maintenant classés, et ils sont toujours utilisés, mais à d’autres fins.
Il reste aujourd’hui 13 cabmen’s shelter à Londres, dont un à l’Embankment Place!
Finalement, nous aboutissons sur Trafalgar Square, sans trouver le Cabmen’s Shelter.
Photo ci-dessus : Notre recherche du « Cabmen’s Shelter » de « l’Embankment Place » nous permet d’admirer de nouveau la longiligne colonne Nelson de Trafalgar Square!
Nous revenons sur nos pas pour reprendre notre promenade sur le Victoria Embankment… et finalement nous croisons le Cabmen’s Shelter de l’Embankment Place…
Il est moins spectaculaire que celui de Russel Square, peut-être parce qu’il est fermé aujourd’hui dimanche.
Photos ci-dessus : Voici le « Cabmen’s Shelter » de « l’Embankment Place »!
Photo ci-dessus : Impossible de venir à Londres et de ne pas photographier un de leurs mythiques autobus rouges à deux étages.
À suivre…
Poursuite de notre promenade sur la rive nord de la Tamise, sur le Victoria Embankment… en route pour la visite de la Courtauld Gallery, un magnifique musée d’art situé sur le « Strand » dans la Somerset House!
Photo ci-dessus : Située à quelques pas de l’effervescence du « Strand », la rue principale de la Cité de Westminster au cœur de Londres, la « Somerset House » abrite une cour intérieure spectaculaire, la « Edmond J Safra Fountain Court »… où prend place une fontaine qui compte 55 jets d’eau verticaux qui s’élèvent à des hauteurs aléatoires! L’hiver, la fontaine laisse place à une grande patinoire!
Pour lire les autres textes de notre périple ainsi que ceux de notre autre voyage au Royaume-Uni, cliquez sur ce lien : Londres… le la Grande-Bretagne!






