
Au jour le jour au baseball junior
Texte et recherches de Jacques Lanciault
NDLR – Lors de mon passage au sein de la Ligue de baseball junior élite du Québec (1997-2013), j’ai, entre autres, voulu reconstituer l’histoire du baseball junior, en particulier de ce circuit, tout comme de réaliser un recensement des joueurs de la ligue ayant évolué dans les universités et les collèges américains ainsi que dans les rangs professionnels !
Pour ce faire, j’ai fouillé les archives du circuit, celles de nombreuses personnes ayant été associées au baseball junior, en plus de me rendre régulièrement à la « Grande bibliothèque » afin de relire des journaux d’époque et de fouiller dans les archives des journaux numérisés.
Mes recherches ont débouché sur une série inachevée d’articles que j’ai publiée à l’époque sur le site Internet de la ligue sous la rubrique « Au jour le jour ».
Au cours des hivers 2018 et 2019, j’ai repris ces textes, les ai enrichis et corrigés et les ai publiés sur mon blogue… Depuis, j’ajoute régulièrement de nouvelles années, en plus d’ajouter fréquemment de nouvelles informations aux années déjà compilées.
Aujourd’hui, j’ajoute à cet historique une nouvelle année, la saison 1953 !
Pour cette saison, le circuit se nomme toujours la « Ligue Montréal Royale Junior »… et tant le Montréal-Matin que La Patrie ont couvert les activités de la ligue… si bien qu’une relecture nous donne des résultats de recherche fort intéressants !
Bonne lecture.
Jacques Lanciault (le 21 septembre 2026)
Et maintenant, la saison 1953
Aucun changement quant aux équipes membres de la ligue pour 1953. Les dix mêmes formations qui y étaient en 1951 et 1952 sont de retour !
Pour la septième année d’existence du circuit, monsieur Gérard Thibeault en est toujours le président.
Toutefois, cette année, la ligue accueille un nouveau statisticien, Roland Ricard, à qui la mission d’implanter un système de statistiques a été confiée.
Ce système sera celui du journaliste sportif Jean Barrette du quotidien « La Patrie », lui qui assistera d’ailleurs le statisticien de la ligue à implanter le système.
Déjà des idées de « Petite série mondiale »
Avant même que la saison ne commence, le président Thibeault rêve déjà d’un grand tournoi de fin de saison où l’équipe championne de la Ligue Montréal Royale Junior affronterait, dans le cadre d’un tournoi à la ronde, les formations championnes des ligues de Québec et de Trois-Rivières, deux circuits juniors qui comptent quatre équipes.
Il le mentionne d’ailleurs en détail dans un texte qu’il signe le 8 mai 1953 dans le quotidien « Montréal Matin ».
Pour l’occasion, il précise de plus, bien concrètement cette fois-ci, qu’avec l’arrivée d’une nouvelle ligue junior à Montréal, la « Ligue des Loisirs Junior », la compétition pour la suprématie du baseball junior dans la métropole reprendra dès cet automne…
Les équipes championnes des séries éliminatoires de chacune des deux ligues juniors de la métropole s’affronteront avec à l’enjeu le « Trophée Montréal-Matin »… l’emblème de la suprématie du baseball à Montréal.
Le président de la « Ligue des loisirs », le nouveau circuit, n’est nul autre qu’Alfred Spada, lui qui a été entraîneur-chef au sein de la Ligue Montréal Royale Junior pratiquement tous les ans depuis la création de la ligue.
La nouvelle ligue compte cinq équipes : Montréal-Est, le Club Lafontaine, l’Optimiste-Laurentien, le Sacré-Cœur et Immaculée-Conception.
Un premier « play ball » entendu tôt en mai !
L’ouverture de la saison a lieu dès le samedi 10 mai, alors que les dix équipes de la Ligue Montréal Royale Junior sont en action.
Lors du match d’ouverture de l’équipe du Villeray, un match disputé au parc Jarry, une foule record a assisté à la rencontre, peut-on lire dans l’édition du Montréal-Matin du 12 mai !
En ce début de campagne 1953, voici les noms des dix équipes de la « Ligue Montréal Royale Junior » et leurs entraîneurs-chefs lors du premier cri play ball de la saison.
Laval : Eddie Alexopoulos ;
Maisonneuve : Gaston Martineau;
Parc-Extension : Herbert Kert ;
Plateau Mont-Royal : Jimmy Churchill ;
Rosemont : Hubert « Doc » Lavigueur ;
Saint-Henri : Johnny et Orestre Bellini ;
Verdun : Arthur Therrien ;
Ville-Marie : Charlie Calvert ;(1)
Ville Mont-Royal : Doug Benning ;
Villeray : Dollard Desrochers.
(1) : Plusieurs éditions du Montréal-Matin et de La Presse parle de Charlie Culver et parfois de Charlie Calvert. Toutefois, Christian Trudeau de SABR (Society for American Baseball Research) Québec nous indique ceci : « Ayant grandi dans la région de New York, Charlie Culver, aussi appelé Calvert, joue pour diverses équipes afro-américaines du nord-est des États-Unis entre 1916 et 1921. Après de courts séjours à Montréal, il s’y établit pour de bon tôt dans la saison 1921.
Des baseballeurs montréalais en priorité !
À la lecture d’un autre texte publié dans le quotidien Montréal-Matin par le président Thibeault, nous apprenons l’existence d’un règlement qui précise qu’« aucune équipe n’a le droit d’aligner dans ses cadres plus de deux joueurs venant de l’étranger »… l’étranger étant l’extérieur de la ville de Montréal d’alors !
Le président écrit dans l’édition du 20 mai du Montréal-Matin : « La ligue ayant été fondée dans le but d’occuper les loisirs des jeunes de la Cité et de les faire ainsi bénéficier de l’immense avantage d’évoluer sur des terrains fournis et organisés par la Cité, il est donc dans l’ordre qu’une préséance toute particulière soit accordée aux Montréalais.
Ainsi, aucune équipe n’a le droit d’aligner dans ses cadres plus de deux joueurs venant de l’étranger. Il est malheureusement impossible de passer outre en faveur des jeunes de l’extérieur. Il faut se soumettre à ce règlement. Ils comprendront, j’en suis sûr, que ce sont les contribuables de Montréal qui payent les taxes. »
Le président de la ligue annonce également ce même jour l’entrée en vigueur d’un nouveau règlement. « À compter de maintenant, un joueur expulsé d’un match est automatiquement suspendu pour la prochaine rencontre ! »
Les lanceurs brillent… dont un tout jeune homme de 16 ans du nom de Claude Raymond
Le 19 mai, le lanceur Maurice Duranleau du Maisonneuve a lancé un match sans point ni coup sûr dans une victoire de 7-0 des siens sur les troupiers du Verdun.
Duranleau est devenu le premier lanceur de l’histoire du Maisonneuve à réussir un tel exploit.
Puis, dans le quotidien « La Patrie » du 8 juin, nous repérons un nom dont nous entendrons longtemps parler au Québec, à compter de ce jour-là.
« … Dans une autre joute, le Villeray a facilement défait le Ville Mont-Royal 9 à 2. Le jeune Raymond a lancé toute la joute pour le Villeray… et il a retiré 11 frappeurs au bâton. »
Évidemment, on parlait ici de Claude Raymond, un lanceur qui atteindra les ligues majeures, qui brillera dans l’uniforme des Expos de Montréal et qui deviendra le premier Québécois a prendre part à un match des étoiles du baseball majeur !
Après 12 et 13 matchs à la saison, la lutte est belle pour la première position du classement entre les équipes de Saint-Henri (9-3) et de Rosemont (9-4) !
Le 26 juillet, le Montréal-Matin souligne un coup de circuit avec les buts remplis réussis par Johnny Samoluk du Laval contre la troupe du Villeray !
Puis, le 30 juillet, revoilà des nouvelles de Claude Raymond, un lanceur de 16 ans…
Après avoir réussi de superbes prestations depuis le début de la saison, voilà que le jeune homme lance un match sans point ni coup sûr, alors qu’il mène son équipe de Villeray à une victoire de 6-0 sur la troupe du Rosemont (pointage rapporté dans la Patrie (2-0).
D’ailleurs, le quotidien « La Patrie » du 31 juillet 1953 mentionnait ceci :
Au classement du 30 juillet, le Saint-Henri est toujours en tête du classement fort d’un dossier de 25-8, tandis que Laval le talonne avec 21 victoires, 9 défaites et 2 nulles.
Le 6 août, c’est au tour du lanceur Henri Corbeil du Verdun de lancer un match sans point ni coup sûr. L’artilleur gaucher a mené les siens à une victoire de 1-0 aux dépens du Parc-Extension… passant pas moins de 14 frappeurs adverses dans la mitaine.
Pour la troupe du Verdun, c’est un autre joueur qui deviendra bien connu des amateurs de baseball québécois, Ronald Piché, qui a fait compter le point gagnant !
Ce même soir, Jacques Raymond a propulsé son équipe du Plateau Mont-Royal à la victoire, canonnant un grand chelem (1) dans une victoire de 8-4 des siens sur les meneurs du circuit, le Saint-Henri.
(1) : À cette époque, l’expression « grand chelem » ne faisait pas partie du vocabulaire français du baseball. Le mot utilisé en anglais était « Grand Slam ». « Grand chelem » est une expression qui a été popularisée au Québec par le descripteur Jacques Doucet après l’arrivée des Expos de Montréal en 1969.
Un match des étoiles !
Ce n’est que le 8 août que le président de la Ligue, Gérard Thibeault annonce que la Ligue Montréal Royale Junior tiendra la première partie des étoiles de son histoire. Une rencontre qui opposera les équipes de l’Ouest (Laval, Saint-Henri, Parc-Extension, Ville Mont-Royal et Verdun) à celle de l’Est (Plateau Mont-Royal, Ville-Marie, Villeray, Maisonneuve et Rosemont).
Cette rencontre a lieu au parc Lafontaine, le 19 août, à 9 heures… sous les réflecteurs !
Ce sont les représentants de la division Ouest qui ont remporté la victoire, et ce, au compte de 2-0.
Au terme du match, le président de la ligue, Gérard Thibeault, a déclaré : « Nous avons vu du baseball digne du calibre des majeures. »
Soulignons que la rencontre a été disputée devant une foule de plus de 6 000 personnes.
Voici un texte de La Patrie daté du 8 août 1953 qui dresse la liste des joueurs invités à prendre part à la partie d’étoiles :
Classement final
Finalement, la troupe du Saint-Henri a maintenu le rythme jusqu’a la fin de la campagne, clôturant la saison en tête du classement fort d’un dossier de 32 victoires, 9 défaites et un verdict nul… devançant la formation de Villeray avec quatre gains de plus à son actif.
Voici le classement final de la saison régulière 1953 :
| Équipe | Nombre de parties | Victoires | Défaites | Nulles | Moyenne |
|---|---|---|---|---|---|
| Saint-Henri | 42 | 32 | 9 | 1 | 0,780 |
| Villeray | 43 | 28 | 14 | 1 | 0,666 |
| Laval | 41 | 25 | 13 | 3 | 0,658 |
| Rosemont | 43 | 23 | 18 | 2 | 0,561 |
| Ville-Marie | 42 | 18 | 21 | 3 | 0,462 |
| Plateau Mont-Royal | 42 | 17 | 24 | 1 | 0,415 |
| Maisonneuve | 42 | 17 | 25 | 0 | 0,405 |
| Verdun | 43 | 17 | 26 | 0 | 0,395 |
| Parc-Extension | 42 | 15 | 25 | 2 | 0,375 |
| Ville Mont-Royal | 44 | 13 | 30 | 1 | 0,302 |
C’est Gilles Trépanier, du Villeray qui a remporté le championnat des frappeurs, ayant maintenu une moyenne à la frappe de 0,388 (45-en-116). Il recevra le « trophée des Hommes d’affaires du Plateau Mont-Royal », à titre de meilleur frappeur du circuit.
Au chapitre du « plus de coups sûrs », la palme revient toutefois à Warren Hynes du Verdun, lui qui a terminé la campagne 1953 avec 46 coups sûrs (46-en-123).
Pas moins de 17 joueurs de la ligue ont clôturé la saison avec une moyenne au bâton de 0,300 et plus.
Contrairement aux six premières saisons de la ligue de baseball Montréal Royale junior, aucun match du calendrier régulier n’a été disputé au stade des Royaux de Montréal de Ligue Internationale.
Dans l’autre circuit junior montréalais, la « Ligue des Loisirs Juniors », le club de l’Immaculée-Conception a remporté le premier championnat de la saison régulière de l’histoire de ce circuit !
Le président de la Ligue des Loisirs, Alferd Spada, a créé beaucoup d’engouement autour des matchs de son circuit en recevant de nombreux invités de marque, comme des joueurs du Canadiens de Montréal (Bernard Geoffrion, Émile Butch Bouchard, etc.) et des joueurs des Royaux de Montréal.
Les séries éliminatoires de la Ligue Montréal Royale Junior
Comme les dernières années, les six premières équipes au classement final de la saison régulière dans la Ligue Montréal Royale Junior prennent part aux séries éliminatoires, « au détail », dit-on à cette époque.
La première ronde présente des séries, les quarts de finale, de format 2-de-3, alors que le club champion de la saison régulière affronte le sixième au classement, la troupe ayant terminé au deuxième rang se coltine avec celle de la cinquième position tandis que les troupes de 3e et 4e se mesurent ensemble !
Ainsi, le Saint-Henri (champion) affronte le Plateau Mont-Royal (6e), Villeray (2e) se mesure au Ville-Marie (5e), tandis que Laval (3e) rencontre Rosemont (4e).
Saint-Henri a éliminé le Plateau Mont-Royal en deux parties consécutives, tandis que les deux autres séries ont été à la limite de trois rencontres, Villeray et Laval en sortant victorieux.
Puis, Villeray et Laval se sont affrontés dans la demi-finale, alors que le gagnant, Laval, a par la suite affronté le Saint-Henri en grande finale.
Assez curieusement, pour cette série Villeray-Laval, le journal « La Patrie » a nommé l’équipe de Laval… Ahuntsic-Laval.
Pour le premier match de cette série, c’est le lanceur Claude Raymond qui a mené son équipe de Villeray à un gain de 1-0, ayant bien espacé six coups sûrs et inscrit neuf retraits sur des prises dans le match.
Soulignons que la série finale des séries éliminatoires de la Ligue Montréal Royale Junior en est une au meilleur de cinq.
C’est la troupe de Saint-Henri qui a remporté le championnat des séries.
Pour cette formation, il s’agissait du deuxième championnat des séries de leur histoire, elle qui avait également remporté les grands honneurs des séries en 1948 !
Les séries éliminatoires de la Ligue des Loisirs Juniors
Pendant ce temps, dans l’autre circuit junior, la série finale de la ligue des Loisirs junior a mis aux prises les clubs de l’Immaculée-Conception et de Lafontaine dans une série 4-de-7…
L’Immaculée-Conception, du gérant Marcel Racine, a remporté les grands honneurs en sept matchs. L’équipe a reçu le trophée Réal Gauthier.
Puis, dans une série demi-finale pour le championnat de la ville de Montréal, ils ont rencontré la troupe championne de la ligue junior de Pointe-St-Charles, l’équipe du Pointe A.A.A., qu’ils ont vaincue pour obtenir leur laissez-passer pour affronter champions de la Ligue Montréal Royale Junior.
Le championnat junior de la ville de Montréal
Au cours des quatre premières saisons de la Ligue Montréal Royale Junior, la troupe championne des séries éliminatoires a affronté les champions de la Ligue du parc Atwater pour déterminer l’équipe championne junior de la ville de Montréal.
Mais, en 1951 et en 1952, alors qu’il n’existe plus d’autres circuits juniors à Montréal, c’est le club vainqueur de la série finale de la Ligue Montréal Royale Junior qui a reçu le trophée « Montréal-Matin », emblème de la suprématie junior a Montréal. »
La tradition reprend toutefois en 1953… alors que le Saint Henri de la Ligue Montréal Royale Junior se mesure à la troupe de l’Immaculée-Conception de la Ligue des Loisirs Juniors dans une série 2-de-3.
Le Saint-Henri remporte le premier match 5-4 en dix manches… puis met la main sur le trophée Montréal-Matin pour la deuxième fois de son histoire en signant la victoire dans le deuxième match de la série…
Une victoire qui scelle la saison de baseball 1953… le 14 octobre !
Les Québécois dans les ligues majeures et mineures
Aucun baseballeur québécois n’a évolué dans les ligues majeures de 1953 à 1958.
En 1953, Georges Maranda a joué avec une affiliation à une organisation des ligues majeures. Le baseballeur de Lévis au Québec, a été recruté en 1951 par les Braves de Boston des ligues majeures, alors qu’il évoluait pour le College de Lévis.
En 1951, 1952 et 1953, le lanceur droitier a évolué avec les Braves de Québec de la Ligue provinciale, un circuit de classe C.
Maranda, après avoir été affilié aux Braves de Boston en 1951 et 1952, s’est retrouvé affilié avec les Braves de Milwaukee en 1953… ces derniers ayant déménagé leur franchise de ville.
En 1953, avec les Braves de Québec, il a cumulé un dossier de 7-7, œuvrant durant 148 manches sur le monticule, tout en maintenant une moyenne de points mérités de 4,32. Au cours de cette saison, il a inscrit 74 de ses retraits sur des prises !
Aussi en 1953, Earl Willis, un baseballeur montréalais qui a évolué pour les équipe du Laval, du Plateau Mont-Royal et de Verdun au sein de la Ligue Montréal Royale Junior. Au cours de la saison, il a porté les couleurs des Soos de Sioux City de la Western League frappant pour une moyenne de 0,269 avec 59 points produits!
Soulignons que Georges Maranda a atteint les ligues majeures en 1960, avec les Giants de San Francisco.
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Après avoir joué en 1952 au sein de l’organisation des Dodgers de Brooklyn, Stanley Deneka, un joueur du Rosemont de la Ligue Montréal Royale Junior, a joué pour l’équipe de Drummondville de la Ligue Provinciale en 1953, sans toutefois être affilié à un équipe des ligues majeures
En 1953, Deneka a cumulé un dossier de 4-7, œuvrant au monticule durant 73 manches.
Pour lire l’historique des autres années, du moins celles qui ont été compilées à ce jour, cliquez sur ce lien : Histoire du baseball junior à Montréal et de ses joueurs!






