Baseball et softball58 minutes ago38 Views

Texte et recherches de Jacques Lanciault
Mirabel, Québec, 16 octobre 2026 – Nous avons mentionné dans notre texte sur les faits saillants de la saison 1954 de la Ligue Montréal Royale Junior qu’en juillet, Roland Gladu, l’un des meilleurs frappeurs produits dans l’histoire du baseball à Montréal, avait été engagé comme éclaireur des Braves de Milwaukee de la ligue nationale du baseball majeur.
Gladu agissait alors comme recruteurs des Braves dans les districts de Québec et de l’Ontario.
Dès sa nomination Gladu s’est mis au travail et a recruté pour les Braves de nombreux baseballeurs québécois, dont Claude Raymond et Ronald Piché.
Soulignons que Roland Gladu, en tant que joueur, est un des rares Québécois à avoir marqué la scène du baseball international.
Au cours de sa carrière de joueur, il a évolué dans cinq pays : le Canada, les États-Unis, le Mexique, Cuba et l’Angleterre.
Le baseballeur de chez nous a atteint les ligues majeures en 1944, alors qu’il a disputé 21 matchs dans l’uniforme des Braves de Boston.
Puis, la saison suivante, il a brillé de tous ses feux avec les Royaux de Montréal, où il a maintenu une moyenne au bâton de 0,341, ne frappant rien de moins que 205 coups sûrs !
Au terme de sa carrière de joueur, il a œuvré comme recruteur pour les Indians de Cleveland et pour les Braves de Milwaukee.
Roland Gladu est décédé à Montréal le 26 juillet 1994 à l’âge de 83 ans.
Baseball Québec l’a intronisé au Temple de la Renommée du baseball québécois en 2021, la même année où il a été intronisé au Temple de la Renommée du baseball canadien.
Lors de mes recherches relatives à la saison 1956 de la Ligue de baseball Montréal Royale Junior, j’ai retrouvé une chronique du célèbre journaliste sportif Jacques Beauchamp dans le quotidien « La Patrie » du 30 août 1956.
Son texte a été rédigé suite à un entretien qu’il avait eu avec Roland Gladu, le recruteur. Je le publie ci-dessous, car il est très intéressant… et surtout que les années futures ont démontré que les joueurs de baseball de chez nous ont compris le message que leur a lancé monsieur Gladu!
Voici le texte intégral :
Selon Roland Gladu, nos jeunes joueurs manquent d’ambition
Texte d’une chronique de Jacques Beauchamp publiée dans le quotidien La Patrie du 30 août 1956
Roland Gladu, qui n’a jamais regretté d’avoir fait du baseball sa carrière, soutient que les jeunes joueurs de la province de Québec pourraient se tracer un bel avenir dans ce sport s’ils voulaient s’en donner la peine.
« La température représente peut-être un handicap pour nos joueurs, mais je crois que la principale raison pour laquelle nos jeunes athlètes ne réussissent pas dans le baseball est qu’ils manquent d’ambition. Les jeunes d’aujourd’hui ne veulent pas pratiquer. Ils se rendent au terrain seulement quelques minutes avant la joute. Ce n’est certainement pas en agissant ainsi qu’ils s’amélioreront.
Les jeunes ont actuellement de nombreux avantages. Le service des terrains de jeux de la ville de Montréal leur fournit tout l’équipement nécessaire pour jouer… et les terrains de baseball se font de plus en plus nombreux », a précisé Gladu, qui a déjà été considéré comme l’un des meilleurs joueurs dans l’histoire du baseball au Canada.
Gladu a abandonné sa carrière active il y a environ six ans, mais son nom est resté gravé dans la mémoire des sportifs de la province de Québec. À l’âge de trente-trois ans, alors qu’il s’alignait avec les Royaux, notre compatriote a cogné 205 coups sûrs pour une moyenne de ,342. Mais pour devenir une étoile au bâton, Roland a travaillé avec beaucoup d’ardeur. « Il était un grand travailleur sur le losange. Il raffolait du baseball et les pratiques l’intéressaient autant qu’une partie » nous a fait remarquer Oscar Major en parlant de Gladu.
Roland nous a révélé hier que son terrain favori pour pratiquer lorsqu’il était jeune était le parc Jarry. « Il m’est souvent arrivé de payer des jeunes joueurs pour agir comme lanceurs contre moi. Je voulais apprendre à frapper et je croyais que le seul moyen de m’améliorer était de pratiquer. J’ai perdu les services de plusieurs de ces lanceurs qui n’aimaient pas passer des heures au monticule, mais je trouvais toujours le moyen de les remplacer, » de dire Roland en riant.
Gladu s’est illustré comme joueur. Il a ensuite accompli un magnifique travail comme gérant du Sherbrooke de la défunte ligue Provinciale. Et it est aujourd’hui reconnu comme l’un des meilleurs éclaireurs dans l’organisation des Braves de Milwaukee.
Notre compatriote « couvre » la province de Québec et l’Ontario pour Milwaukee. Son patron, Lou Perini, est enchanté de la besogne qu’il a accomplie depuis trois ans.
Roland n’a pas perdu cette précieuse qualité qui l’a beaucoup aidé à faire belle figure comme joueur, LA COMBATIVITÉ. En effet, comme éclaireur, il travaille sans cesse. Il est toujours prêt à donner des conseils aux jeunes. On le voit souvent sur les différents terrains de jeux de la ville de Montréal.
Depuis ses débuts comme éclaireur des Braves, il a fait signer des contrats à huit joueurs et trois d’entre eux évoluent actuellement pour des clubs de l’organisation.
Claude Raymond, un produit de la ligue Montréal Royale Junior, fait sensation avec le club Evansville de la ligue Three Eye, un circuit de catégorie B. Claude a de belles aptitudes. « Âgé de dix-neuf ans seulement, il a été utilisé comme lanceur de relève au début de la saison, mais j’ai lu dans le Sporting News récemment qu’il était devenu un artilleur débutant. Il avait un record de 9-2 la semaine dernière, ce qui est fort encourageant. »
Ronald Piché, un ancien lanceur du Verdun, avait un record de douze gains contre cinq défaites avec le club Eau Claire de la ligue Northern la semaine dernière. Ronald est âgé de vingt ans et il est bien vu par l’organisation des Braves.
Gladu a aussi découvert à Toronto un receveur prometteur en Bill Burton qui s’aligne maintenant avec le club McCook de la ligue Nebraska State. « Il est âgé de dix-neuf ans et il est un dur cogneur. Je ne l’ai toutefois pas vu à l’œuvre cette année, mais s’il est resté dans. l’organisation, il doit avoir du talent, » a souligné l’éclaireur des Braves.
Gladu a fait signer, mardi soir, un contrat à Bill Rotarl, lanceur lanceur droitier du Rosemont de la ligue Montréal Royale Junior. « Il est âgé de dix-huit ans seulement. Il est très rapide. Bill Turner lui a donné de précieux conseils depuis une semaine. Il se rapportera au camp d’entraînement de l’organisation des Braves le printemps prochain, » a déclaré notre compatriote.
Deux autres joueurs de la ligue Montréal Royale Junior auront aussi des essais avec des clubs de l’organisation des Braves l’an prochain. Ce sont l’arrêt-court Russ Fairholme, du Maisonneuve et Rod Large du Laval. « Fairholme est un brillant joueur défensif. Il possède un lancer redoutable et de belles aptitudes au bâton. Large également beaucoup de talent. Il devrait aller loin dans le baseball, » a spécifié Roland.
Yvon Dubois, un receveur qui a joué avec le Saint-Laurent cette année, devait faire ses débuts dans l’organisation des Braves, mais ses calculs ont été renversés quand sa mère est soudainement tombée malade. Dubois a alors décidé de rester à Montréal. Sa mère est maintenant rétablie de sa maladie et tout indique qu’il débutera dans le baseball organisé en 1957.
Gladu a aussi fait l’éloge de Gerry Desjardins, un voltigeur de Québec. « Il est un jeune athlète fort ambitieux. Il est très rapide et il m’a impressionné au bâton. Il se rapportera lui aussi au camp des Braves le printemps prochain. »
« Je serai l’homme le plus heureux si seulement une de mes découvertes parvient à évoluer dans la ligue nationale avec les Braves de Milwaukee », a souligné Gladu à la fin de l’entretien.
Texte recopié par Jacques Lanciault à partir de l’édition numérisé du quotidien La Patrie du 30 août 1956 à Bibliothèque et Archives nationales du Québec.
Photo ci-dessus : Roland Gladu dans l’uniforme des Braves de Québec. (Photo provenant du Temple de la renommée et musée du baseball canadien)









