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Voici le 38e d’une série de reportages sur un captivant périple qui nous a permis de revoir la ville de Londres et de naviguer de Southampton à La Coruña, découvrant au passage Bruges, le mont Saint-Michel, Saint-Malo, Lorient, La Rochelle, Bordeaux et Bilbao. Une magnifique odyssée réalisée à la toute fin de l’été 2024.
Bordeaux, Nouvelle-Aquitaine, France, lundi 16 septembre 2024 – Nos premiers pas dans la superbe ville de Bordeaux nous ont emballés!
À un jet de pierre de notre bateau, amarré au centre-ville, l’esplanade des Quinconces, où la « Grande Roue » ne tournait malheureusement plus, ses deux colonnes rostrales et son impressionnant monument aux Girondins ont déjà fait l’objet de notre texte précédent.
Nous continuons maintenant notre promenade sur la place de Tourny, puis sur celle de la Comédie où nous admirons le Grand-Théâtre et le Grand Hôtel.
Puis, nous traversons le passage Sarget pour visiter l’église Notre-Dame… qui est malheureusement fermée, des restaurations majeures sont en cours à la place du Chapelet!
Nous revenons sur nos pas et amorçons une longue promenade sur la rue Sainte-Catherine où nous y allons d’arrêts successifs à la Galerie bordelaise, devant l’édifice magnifique des Galeries Lafayette, avant de bifurquer pour atteindre la place du Parlement et par hasard nous retrouver sur la place de la Bourse… devant la Garonne!
Photo ci-dessus : La façade du Grand-Théâtre de Bordeaux est longue de 88 mètres. Le péristyle de la façade est supporté par douze colonnes corinthiennes, tandis que la corniche est surmontée de douze statues de pierre d’une hauteur de 2,3 mètres chacune!
N.-B. : Pour regarder le diaporama des photos présentées sur cette page, cliquez sur n’importe laquelle des photos.
Nous quittons l’esplanade des Quinconces toujours sous le coup de l’ébahissement face à un tel monument. Nous empruntons l’allée de Los Angeles, puis le « Cours du XXX juillet »!
Photo ci-dessus : Au passage, nous croisons un tramway, très beau par ailleurs.
Nos pas nous mènent devant la place de Tourny, au centre de laquelle se trouve un monument surmonté d’une sculpture… probablement celle de monsieur Tourny.
Photo ci-dessus : La place de Tourny est emblématique de la ville de Bordeaux, et ce, même si elle a été entièrement réaménagée de 2018 à 2020 pour accueillir une ligne de tramway.
Je m’approche du monument au centre de la place. Il s’agit bien d’un monument honorant monsieur Tourny, soit Louis-Urbain Aubert, marquis de Tourny (1695-1760).
« Au XVIIIe siècle, Tourny est l’intendant du roi à Bordeaux et il décide de transformer l’architecture de la ville. Cela lui a valu le surnom du “Haussmann bordelais”, peut-on lire dans un texte de Bryan Nardelli publié le 19 mars 2022 sur le site Internet actu.fr! »
Photos ci-dessus : La statue de bronze de Louis-Urbain Aubert, marquis de Tourny a été sculptée par Gaston Veuvenot-Leloux (1854-1942). Le monument a été inauguré le 27 mars 1900… et il a été restauré récemment, cela semble évident.
Photo ci-dessus : Une plaque met en lumière les promesses architecturales du marquis de Tourny!
Cette place de Tourny nous interpelle particulièrement, car de 1855 à 1960, les allées de Tourny étaient décorées de deux fontaines ayant été réalisées en 1853 par Mathurin Moreau (1822-1912), un sculpteur de la ville de Dijon. Nous avons admiré une de ces deux fontaines… à Québec!
« En 1960, les fontaines ont été démantelées et l’une d’elles s’est retrouvée dans la cour d’un antiquaire de Saint-Ouen, près de Paris, à sec et en morceaux », peut-on lire sur le site Internet de la ville de Québec.
« Au début des années 2000, l’homme d’affaires québécois Peter Simons visite cet antiquaire et tombe en amour avec la fontaine ».
Il l’acquiert, investit une petite fortune pour sa remise à neuf, la fait transporter à Québec, la fait installer sur la colline parlementaire devant l’édifice de l’Assemblée nationale et l’offre en cadeau à la ville de Québec!
Et dire qu’ici, elle a émerveillé les Bordelais durant plus de 100 ans!
Nous revenons sur le « Cours du XXX juillet ».
Photo ci-dessus : Le nom du « Cours du XXX juillet » est gravé dans la pierre!
Lors de nos recherches visant la rédaction de ce texte, nous nous interrogions sur l’événement ayant donné son nom au « Cours du XXX juillet ». Nous n’avons malheureusement rien trouvé dans nos lectures.
J’ai donc eu l’idée d’utiliser pour la première fois les services de « ChatGPT »!
L’intelligence artificielle m’a fourni l’intéressante réponse suivante :
« Le Cours du XXX juillet à Bordeaux est probablement lié à la “Révolution de juillet 1830”, également connue sous le nom des “Trois glorieuses”, qui a conduit à la chute de Charles X et à l’établissement de la monarchie de juillet. Cette période a été marquée par des luttes pour la liberté et les droits civiques en France.
Le nom du cours pourrait donc rendre hommage à cet événement historique, célébrant les idéaux de liberté et de changement. À Bordeaux, comme dans d’autres villes françaises, de nombreux lieux portent des noms en rapport avec des moments clés de l’histoire nationale. »
Wow! Une adresse Internet à retenir.
Photo ci-dessus : Du cours du XXX juillet, nous avons une vue superbe sur la colonne du monument des Girondins!
En passant devant la « Maison du vin », nous entendons une alarme sonner, alors que la bâtisse est à être évacuée. Mais, nous ne voyons aucune fumée… probablement un « exercice de feu »!
La place de la Comédie, le Grand-Théâtre et le Grand Hotel
En quelques pas nous nous retrouvons sur la place de la Comédie.
Il s’agit d’une place piétonne traversée par une ligne du tramway de Bordeaux. Il y a foule.
« Place de la Comédie » est le nom officiel de la place, mais les habitants la connaissent plutôt comme « Place du Grand-Théâtre ». C’est d’ailleurs l’édifice du Grand-Théâtre qui attire en premier notre attention.
Photos ci-dessus : Le Grand-Théâtre de Bordeaux a été édifié par l’architecte Victor Louis (1731-1800) et inauguré le 7 avril 1780 avec la représentation de l’Athalie de Jean Racine!
L’encyclopédie libre Wikipédia nous apprend que « l’édifice affiche des dimensions de 88 mètres sur 47. De style néo-classique, il s’inscrit dans l’opulent urbanisme bordelais hérité du siècle des Lumières. Il abrite une salle de spectacle d’un millier de places, exemple parfait de théâtre à l’italienne. »
« Le Grand-Théâtre est aujourd’hui le siège de l’Opéra national de Bordeaux qui y programme sa saison lyrique et ses ballets. »
« La façade du Grand-Théâtre de Bordeaux est longue de 88 mètres. Le péristyle de la façade est supporté par 12 colonnes corinthiennes, tandis que la corniche est surmontée de 12 statues de pierre d’une hauteur de 2,3 mètres chacune! »
« Les statues ont été conçues par le sculpteur Pierre-François Berruer (1733-1797). On y retrouve trois déesses romaines (Junon, Vénus, Minerve) et les neuf muses grecques (Euterpe, Uranie, Calliope, Terpsichore, Melpomène, Thalie, Polymnie, Érato et Clio)! »
Photos ci-dessus : À gauche nous retrouvons « Melpomène », la muse grecque de la tragédie. Elle est reconnaissable à ses attributs : le poignard, le sceptre et la couronne. Au centre, « Thalie », la muse grecque de la comédie, dont les attributs sont le masque comique qu’elle tient dans les mains et finalement « Polymnie », la muse grecque de la rhétorique qui tien un grand livre dans les mains, son attribut principal.
En face, prend place le « Grand Hôtel de Bordeaux », affichant lui aussi une superbe façade de style néoclassique.
Elle est en complète harmonie avec celle du « Grand-Théâtre », tout simplement parce qu’elles ont toutes deux été créées par l’architecte Victor Louis en 1776!
Photos ci-dessus : Le Grand Hotel, du groupe InterContinental, est l’un des meilleurs hôtels de luxe de Bordeaux… dans la magnifique région viticole du sud-ouest.
« Sanna », de Jaume Plensa
Toujours sur la place de la Comédie, il y a une curieuse statue, un visage en fonte de fer. Elle est titrée « Sanna » et elle est une œuvre de l’artiste catalan Jaume Plensa (1955- ).
Photos ci-dessus : Sanna appartient à une série de sept figures féminines imaginées dès après la rencontre préméditée entre l’artiste, Jaume Plensa, et la ville de Bordeaux. « Ces figures représentent un nouveau chemin de réflexion et d’expérimentation artistique dans l’œuvre de Plensa », mentionne l’affichette. « En jouant sur l’échelle, le poids et la monumentalité du portrait, l’artiste transforme l’ordinaire en extraordinaire. »
L’histoire de cette sculpture, racontée sur Wikipédia est assez particulière :
« Du 27 juin au 6 octobre 2013, Plensa expose onze pièces monumentales dans la ville de Bordeaux. Quatre sculptures ont été spécialement créées pour Bordeaux : Paula, Sanna et RuiRui qui sont trois figures féminines d’une hauteur de 7 mètres et la Sphère qui est une figure enveloppée dans une mappemonde constituée d’éléments de langage universels.
L’enthousiasme du public bordelais a incité Jean-Claude Meymerit, responsable de la mise en scène au théâtre Poquelin de Bordeaux à lancer une souscription pour l’acquisition d’une de ses sculptures, celle intitulée Sanna située place de la Comédie. Cette idée a été reprise par le Maire de Bordeaux, Alain Juppé.
Finalement, les fonds récoltés par la souscription étant insuffisants, la ville ne peut pas acheter la statue. Elle est acquise par un propriétaire qui demeure anonyme… Et qui la laisse exposée au regard des Bordelais jusqu’en mars 2027! »
Photo ci-dessus : À une extrémité de la place de la Comédie, il y a un superbe lampadaire-horloge! L’heure y est affichée sur les quatre faces, alors qu’au sommet de chaque horloge on retrouve cinq lampadaires!
Le passage Sarget et l’église Notre-Dame
Nous souhaitons visiter l’église Notre-Dame, elle qui serait située tout près de la place de la Comédie.
Après consultation de notre carte géographique de Bordeaux, nous concluons qu’il nous faut emprunter le « Passage Sarget » pour nous y rendre. Ce passage, qui est accessible par le cours de l’Intendance, est l’un des deux passages couverts de Bordeaux, l’autre étant la Galerie bordelaise… que nous emprunterons lorsque nous déambulerons sur la rue Sainte-Catherine un peu plus tard ce matin!
La traversée de ce passage nous amènera sur la place du Chapelet, là où est située l’église.
Après à peine quelques pas sur le cours de l’Intendance, nous apercevons, de l’autre côté de la rue, le passage Sarget. À l’entrée du passage, il y a un sans-abri, complètement emmitouflé dans une couverture, qui dort sur le sol.
Depuis le début de notre croisière, Bordeaux s’avère être la ville où nous avons croisé le plus de sans-abri.
Photos ci-dessus : Le passage Sarget était initialement privé. Il a été construit en 1833 par le négociant et armateur bordelais Jean-Auguste Sarget. Il a été ouvert au public en 1878.
Photo ci-dessus : Long de plusieurs mètres, l’intérieur du passage Sarget est surmonté d’une verrière. Le passage relie le cours de l’Intendance à la place du Chapelet.
De l’autre côté du passage, nous nous retrouvons au cœur d’un grand chantier de construction, tant sur la place du Chapelet que sur les voies de circulation.
Photos ci-dessus : L’église affiche de belles sculptures et de très belles moulures sculptées à même sa façade. Le très bon état de conservation du bâtiment permet de saisir pleinement le travail d’orfèvre réalisé par les sculpteurs.
Photo ci-dessus : La façade de l’église a été sculptée par Pierre Berquin et ses fils Pierre et Jean. Au-dessus de la porte principale de l’église, il y a ce superbe relief qui représente la Vierge remettant le rosaire à Saint Dominique… Cette remise de chapelet a donné son nom à la place qui jouxte l’édifice.
L’église Notre-Dame a été construite par les Dominicains dans un style baroque à la fin du XVIIe siècle. Son parvis sert de lieu de tournage pour des films d’époque.
Nous amorçons un tour complet de l’église pour voir s’il n’y a pas une porte pour y entrer, la porte principale était close, mais tout est fermé à double tour!
Sur le cours Mably, assez curieusement, il y a une statue représentant le peintre espagnol Francisco de Goya (1746-1828)… Mais nous comprenons mieux pourquoi lorsque nous comprenons qu’il est mort, ici, à bordeaux.
Photo ci-dessus : Statue en fonte du peintre espagnol Francisco de Goya. La sculpture a été réalisée par Mariano Benlliure y Gil (1862-1947) en 1902. La statue a été offerte par la ville de Madrid en 1995, année où elle a été inaugurée, le 28 mars.
L’édifce des Galeries Lafayette
Nous revenons sur nos pas, repassons par le passage Sarget, et arrivons sur la rue Sainte-Catherine, une rue piétonne de 1 250 mètres de long!
Elle est la principale rue commerçante de Bordeaux et est aussi présentée sur Wikipédia comme la plus longue rue commerçante et piétonne d’Europe!
Le premier édifice qui attire notre attention est celui des Galeries Lafayette, dont l’entrée est décorée d’un baromètre!
Photo ci-dessus : Le bâtiment occupé aujourd’hui par les Galeries Lafayette est de style néobaroque. Il a été construit en 1900 d’après les dessins de l’architecte parisien Ruben Dacosta. Sur la façade prend place un remarquable baromètre Naudet & Cie qui a été installé lors de la construction de l’immeuble et qui fonctionne toujours.
Cet immeuble a été conçu pour abriter les « Grands Magasins du Commerce et de l’Industrie », une société anonyme qui a fait faillite en 1902, un an après l’ouverture du magasin.
Racheté par la société Paris-France, le nouveau magasin « Les Dames de France » s’y est installé et a rapidement connu un succès important.
Cette marque a cependant disparu vers 1985, après son rachat par les Galeries Lafayette.
P.S. Ces informations ont été glanées sur le site Internet suivant : Lebordeauxinvisible.blogspot.com.
Photos ci-dessus : Des sculptures de « femmes » apparaissent sur la devanture de l’édifice des Galeries Lafayette. Ces décorations ont été conçues par le sculpteur bordelais Gaston Schnegg (1866-1953).
Tout près des Galeries Lafayette, de l’autre côté de la rue Sainte-Catherine, nous apercevons la « Galerie bordelaise », l’autre passage couvert de la ville de Bordeaux.
« Sa construction, précise l’encyclopédie Wikipédia, a été commencée en 1833 sous la direction de l’architecte Gabriel-Joseph Durand (1792-1858)… Elle a été ouverte au public le 1er avril 1834. »
Sous le passage couvert, on y retrouve une série de commerces!
Photos ci-dessus : Très en vogue durant la première moitié du XIXe siècle, cette galerie rivalise d’élégance avec la plupart des passages parisiens que nous avons vus lors de nos arrêts passés à Paris.
Place du Parlement
Nous laissons la rue Sainte-Catherine quelques instants pour prendre la rue du Parlement-Sainte-Catherine… qui nous amène sur la très belle place du parlement.
Elle est bien aménagée, affichant une jolie fontaine datant du Second Empire (1865) en son centre.
La place est entourée de restos-terrasses.
Photos ci-dessus : La place du Parlement est une place à l’italienne construite en 1760 sous le nom de « place du Marché-Royal ». Les immeubles qui la bordent, dont les façades sont très richement décorées, datent de la première moitié du XVIIIe siècle.
Photos ci-dessus : En nous plaçant près de la fontaine, nous remarquons sur les bâtiments qui forment la place, des têtes de pierre sculptées. On retrouve des têtes sculptées par milliers dans Bordeaux, on les appelle des mascarons.
Photos ci-dessus : La fontaine de la place du Parlement date du Second Empire. Elle fut installée en 1865 et dessinée par l’architecte bordelais Louis-Michel Garros (1833-1911).
Place de la Bourse
Puis, plutôt que de retourner sur la rue Sainte-Catherine comme prévu, nous aboutissons par erreur sur la place de la Bourse… où il y a une autre très belle fontaine.
Photos ci-dessus : Depuis 1869, la fontaine des « Trois Grâces » prend place au centre de la place de la Bourse.
L’encyclopédie Wikipédia nous apprend « que la statue en bronze de la fontaine de la place de la Bourse représente les “Trois Grâces” de la mythologie grecque : Aglaé, Euphrosyne et Thalie. Ces filles de Zeus et d’Eurynomé, évoquent la beauté (Aglaé), la joie (Euphrosyne) et l’abondance (Thalie). »
Wikipédia ajoute aussi que « selon certains, pour les visages des trois statues, le sculpteur, Charles Gumery (1827-1871), se serait inspiré de trois souveraines de l’époque : l’impératrice Eugénie, la reine Isabelle d’Espagne et la reine Victoria d’Angleterre. »
Photos ci-dessus : La place de la Bourse est bordée par deux pavillons symétriques : le palais de la Bourse et l’hôtel des douanes. Ces deux édifices conservent toujours leur fonction initiale de chambre de commerce et d’administration des douanes.
Photos ci-dessus : L’édifice central de la place de la Bourse est le bâtiment original de celui de la « Bourse Maritime »… que nous avons vu ce matin face à notre bateau!
À suivre…
Poursuite de notre promenade dans la magnifique ville de Bordeaux sur la rive gauche de la Garonne. Nous y verrons l’église Saint-Paul des Dominicains, la porte de la « Grosse cloche », la porte de Bourgogne, le pont de Pierre, le superbe miroir d’eau face à la place de la Bourse, etc.
Photo ci-dessus : Le miroir d’eau de Bordeaux est une pièce d’eau peu profonde reflétant la place de la Bourse ainsi que les quais de Bordeaux. Créé en 2006, il présente une superficie de 3 450 mètres carrés… et est alimenté par un réservoir souterrain de 800 mètres cubes, ce qui en fait le plus grand réservoir de ce type au monde.
Pour lire les autres textes de notre périple amorcé à Londres avant de prendre la mer, cliquez sur ce lien : Fascination française de Londres au Royaume-Uni à La Coruña en Espagne!






