
Texte, recherches et photos de Céline et Jacques Lanciault
Voici le 44e d’une série de reportages sur une magnifique odyssée qui nous a menés, dans un premier temps, à Rotterdam aux Pays-Bas, puis en croisière en Norvège, jusqu’au-delà du cercle polaire, par la suite au Royaume-Uni et en Irlande et finalement, après la descente du bateau, à Amsterdam également aux Pays-Bas. Un inoubliable périple réalisé du 12 mai au 19 juin 2025.
Invergordon, Écosse, Royaume-Uni, le mercredi 4 juin 2025 – Aujourd’hui, nous devions faire escale à Kirkwall, dans les îles des Orcades en Écosse et partir en excursion avec Holland America voir des « brochs » – des constructions en pierre datant de l’âge de fer britannique – et le « Ring de Brodgar », un agencement en cercle de 36 menhirs!
Malheureusement, hier, on nous a informés que cette escale avait été annulée en raison des prévisions météorologiques. En lieu et place, le bateau s’amarrera à Invergordon, une toute petite ville également d’Écosse, sise près d’Inverness.
Évidemment, nous sommes grandement déçus, car nos recherches nous amènent à penser qu’il y a peu à voir à Invergordon.
Dès notre descente du bateau, une navette nous amène gratuitement au centre-ville… où nous déambulons sur la rue principale où a été aménagée une « Mural Trail », une série de douze fresques murales qui racontent les grandes et les petites histoires d’Invergordon!
Mais pour voir plus, nous aurions dû filer à Inverness!
Décidément, la deuxième demie de notre croisière ne nous réserve pour le moment que de mauvaises surprises!
Photo ci-dessus : Une des magnifiques oeuvres de la « Mural Trail » d’Invergordon en Écosse. Elle s’intitule « Fire, Fire! » et représente un événement qui a réellement eu lieu, l’incendie au « Royal Hotel » en 1973. La murale a été peinte par l’artiste locale Tricia Sutherland.
N.-B. : Pour regarder le diaporama des photos présentées sur cette page, cliquez sur n’importe laquelle des photos.
Nous sortons des bras de Morphée dès 6 h 30 ce matin. Un premier regard à l’extérieur nous confirme que le bateau est déjà amarré au port d’Invergordon.
La température est loin d’être invitante à la promenade, alors que le ciel est entièrement couvert de nuages, dont plusieurs d’un gris très foncé!
Au terme de notre petit-déjeuner au restaurant buffet du bateau, le Lido Market, nous descendons à terre à 9 heures!
Le ciel est toujours couvert de nuages, c’est extrêmement venteux, en fait le vent souffle avec la même force que lors de notre visite à Édimbourg il y a quelques jours, et il fait froid. Mais au moins, il ne pleut pas.
Nous marchons sur le port, courant presque tellement le vent nous pousse, en direction d’un stationnement où un autobus est garé. Il s’agit de la navette qui mène les croisiéristes soit au centre-ville d’Invergordon, soit à un poste de taxis où prennent place également des « vendeurs » d’excursions!
Nous montons dans une navette de la ville… c’est gratuit. Le bus se met en marche à 9 h 15… alors qu’il se met à pleuvoir.
Au large, nous apercevons une plate-forme de forage pétrolière!
Photo ci-dessus : « La plate-forme de forage pétrolier semi-submersible “Stena Spey”, datant de 1983, est conçue pour opérer dans des profondeurs d’eau allant jusqu’à 457 mètres et peut forer jusqu’à 7 620 mètres (soit 25 000 pieds) de profondeur », nous apprend l’intelligence artificielle de Google.
Le robot conversationnel nous indique de plus que « la région autour d’Invergordon est connue pour ses installations de maintenance et d’accueil de plates-formes pétrolières inactives ou en réparation. »
Hier, lors de nos premières recherches en préparation de notre escale de ce matin, nous avons appris que la ville d’Invergordon est un port écossais situé dans la région des « Highlands » sur l’estuaire de Cromarty, le Cromarty Firth, une baie de la mer du Nord.
La petite ville compte sur une population d’un peu plus de 4 000 habitants.
À la conquête de la « Mural Trail »
Nous descendons au deuxième et dernier arrêt de la navette, sur la rue principale de la ville, « High Street », au croisement de la rue Mill… où nous apercevons une première murale.
La murale s’intitule The Way We Were et on y voit une fanfare déambulant sur la rue principale d’Invergordon.
Photos ci-dessus : La murale titrée « The Way We Were » est une oeuvre de l’artiste britannique Steve Des Landes (1962- ) qui l’a réalisée en 2007. « On ressent l’énergie de la fanfare des “Royal Marines” défilant dans la rue principale d’Invergordon, comme autrefois, lorsque la flotte de la “Royal Navy” faisait régulièrement escale dans le port en eau profonde d’Invergordon », mentionne la description de la murale.
On précise également que la murale « Comme avant » a replongé de nombreux habitants dans leurs souvenirs d’une ville florissante comptant à l’époque plus de 80 commerces locaux!
Nous continuons notre promenade et croisons une autre murale, celle-ci intitulée Our Legacy, « Notre héritage » en français… une peinture qui se veut un hommage à l’histoire naturelle du Cromarty Firth.
Photo ci-dessus : La murale « Notre héritage » a été peinte en 2006 par Tracey Shough en collaboration avec le groupe environnemental d’Invergordon et les élèves des écoles primaires locales.
Photos ci-dessus : « Au moment où la crise climatique est de plus en plus visible et requiert de toute urgence notre attention individuelle et collective. L’énergie et la joie qui se dégagent de cette fresque témoignent de la beauté et de la richesse de la biodiversité locale aux portes d’Invergordon », avons-nous lu sur la description de l’oeuvre.
Le titre de la murale vise à inciter la population à faire de la protection et de la préservation de notre planète notre héritage…
Photo ci-dessus : L’affiche sise tout près de la murale nomme chacun des 33 spécimens présentés sur la murale!
Nous arrivons maintenant devant la murale qui nous a le plus impressionnés… elle est titrée « Fire! Fire! » Elle représente un incendie qui est resté gravé dans l’histoire locale en raison de l’importance de l’hôtel pour la communauté.
Il s’agit d’une oeuvre de 2007 de l’artiste Anna Starling réalisée en collaboration avec le service d’incendie et de secours d’Invergordon et les lauréats du concours de l’Académie d’Invergordon.
Photo ci-dessus : « On ressent presque la chaleur des flammes dans la saisissante représentation de l’incendie qui a ravagé l’Hôtel Royal d’Invergordon en 1973 », mentionne le site Internet des murales d’Invergordon.
Photos ci-dessus : Dans la fresque « Au feu! Au feu! », les anciens et les nouveaux camions de pompiers ainsi que les uniformes historiques des pompiers occupent une place de choix. Cependant, la véritable vedette est l’ancien Hôtel Royal, ravagé par les flammes en 1973.
Photo ci-dessus : Les pompiers d’Invergordon ont fait visiter la caserne à l’artiste-peintre. Elle a assisté à des démonstrations en direct de l’utilisation des échelles, des lances à incendie et des camions de pompiers, lui permettant ainsi de recréer une scène d’incendie réelle pour sa fresque.
Tout près, une murale affiche un bateau de sauvetage, le « Douglas Aikman Smith », qui a opéré à Invergordon de 1996 à 2021.
La murale a été réalisée en 2005 par l’artiste britannique Ken White.
Photo ci-dessus : La murale « Volunteer Spirit » montre l’ancien bateau de sauvetage de classe Trent d’Invergordon, le « Douglas Aikman Smith ». Fondée en 1974, la station de sauvetage d’Invergordon exploite ce type de bateau de sauvetage.
Photos ci-dessus : La plus petite image représente le canot de sauvetage de classe Waveney, le « White Rose of Yorkshire ». Les deux membres d’équipage qui apparaissent sur la murale sont des compositions émanant de l’imagination de l’artiste.
Nous voici devant l’édifice du Albyn Housing Society… l’édifice sur lequel a été peinte, en 2004, la toute première fresque réalisée à Invergordon dans le cadre du parcours des fresques murales.
L’oeuvre, en fait un triptyque, est, tout comme la précédente présentée ci-dessus, de l’artiste britannique Ken White.
Photos ci-dessus : L’artiste a relevé le défi de « présenter l’exploitation des carrières sous un jour positif ». Le panneau central représente le Kildary Loch, un havre de paix pour les pêcheurs locaux, créé sur une ancienne carrière de sable, tandis que les deux autres panneaux montrent des scènes industrielles du passé.
Photo ci-dessus : L’affiche qui explique les trois panneaux de la murale.
Photo ci-dessus : Devant le triptyque, il y a un très bel îlot de verdure.
La murale intitulée « Pipes and Drams » est l’oeuvre de l’artiste Anna Starling qui a réalisé la murale en 2006.
Photos ci-dessus : L’oeuvre est un hommage au « Invergordon Distillery Pipe Band ». La fresque s’inspire de la pochette du premier album du groupe. On y voit l’ancien château d’Invergordon en arrière-plan.
Photo ci-dessus : Une affiche explique l’habillement et l’équipement du personnage principal de la murale « Cornemuses et Drams »!
Un autre murale, gigantesque celle-ci.
Elle est titrée « Gather Round », c’est à dire « Rassemblement » en français.
Elle dépeint en fait « le rassemblement des Highlands d’Invergordon » qui est un événement annuel important pour la communauté locale et les visiteurs, et ce, depuis plus de 100 ans.
« À l’origine, peut-on lire sur le site Internet des murales d’Invergordon, le rassemblement avait lieu chaque année en septembre pour coïncider avec l’arrivée de la flotte navale à Invergordon. »
La murale est une oeuvre de 2006 de l’artiste Alan Potter (1949- ).
Photo ci-dessus : L’artiste a ancré son œuvre à Invergordon en y incluant le clocher de l’église, les attractions foraines de la famille Hercher et un portrait saisissant du cornemuseur-major John Burgess.
Photos ci-dessus : Au premier plan, on aperçoit les Seaforths et la Marine tirant sur une corde de tir à la corde, symbolisant les luttes d’Invergordon. Ce détail est souvent immortalisé par les touristes. Toutes les activités qui se déroulaient à l’intérieur du cercle sont représentées dans l’anneau celtique.
« Alan Potter a également rendu hommage aux contributeurs, en incluant le tartan MacGregor pour le propriétaire du mur, le tartan Campbell pour le président Comité des Highland Gathering, les clans locaux Ross et Munro, et le tartan Anderson pour la danseuse », avons-nous lu sur l’explication de l’oeuvre!
Photo ci-dessus : Comme pour les autres murales, une affiche explique chacun des personnages apparaissant sur la grande peinture.
Nous arrivons à l’intersection des rues High Street et Castle Road où pas très très loin, nous apercevons une église.
Nous nous y rendons. Il s’agit de l’église paroissiale d’Invergordon.
Photos ci-dessus : L’église a été conçue par les architectes Alexander Ross (1834-1925) et William Cumming Joass (1833-1919). Elle a été construite entre 1859 et 1861 dans un style néo-gothique, avec une flèche haute et élancée comme caractéristique frappante. À l’origine, il s’agissait de l’église libre d’Invergordon, construite après la rupture de 1843 avec l’Église d’Écosse.
Photo ci-dessus : Une maison moderne d’Invergordon caractérisée par des éléments architecturaux distinctifs, comme une façade symétrique avec deux pignons proéminents et un muret de pierres bas qui sépare la propriété de la rue. Nous nous rendons près de la station de train… d’où nous apercevons une autre immense plate-forme pétrolière.
Photo ci-dessus : Une grande plate-forme pétrolière auto-élévatrice. Ces plates-formes sont des barges flottantes équipées de longues jambes de soutien qui peuvent être relevées ou abaissées. Elles se déplacent en flottant jusqu’au site de forage, puis leurs jambes sont abaissées jusqu’au fond marin pour soulever la coque au-dessus de l’eau, assurant la stabilité.
Nous passons devant une ancre de bateau érigé en monument et devant une fontaine!
Photo ci-dessus : Une ancre de bateau installée en tant que monument d’accueil de la ville d’Invergordon.
Photo ci-dessus : La fontaine d’eau potable du roi Édouard VII a été érigée par souscription publique pour commémorer la visite du roi Édouard et de la reine Alexandra à Invergordon le 8 septembre 1902. L’oeuvre est en granit rose.
Nous revenons sur nos pas et croisons une autre murale en sens inverse de High Street… Celle-ci y allant d’un hommage à « Un siècle de sport ».
L’oeuvre datant de 2007 est de l’artiste Alan Potter… qui l’a réalisée en collaboration avec les associations sportives d’Invergordon.
Photos ci-dessus : La diversité sportive d’Invergordon a été célébrée par la participation active des représentants des diverses associations sportives locales à la conception de la fresque.
Photos ci-dessus : Une autre murale de l’artiste Ken White. Celle-ci, intitulée « Le passé de Saltburn » a été réalisée en 2007. Cette fresque illustre les différentes facettes du passé de la région de Saltburn et de la manière dont les habitants vivaient au cœur de paysages magnifiques.
Après avoir revu les murales déjà admirées précédemment, nous arrivons devant le musée de la ville, le Invergordon Naval and Heritage Museum. On y retrace l’histoire de la ville et du Cromarty Firth.
Nous contournons l’édifice pour nous retrouver devant la façade qui fait face à l’eau… une façade qui comporte cinq immenses murales plus une sur le côté.
Photo ci-dessus : L’ensemble mural s’intitule « Le patrimoine du Firth » et il s’agit d’une réalisation de 2006 de l’artiste Steve Des Landes.
Photo ci-dessus : Deux fresques illustrant deux événements difficiles de l’histoire de la ville d’Invergordon. Celle de gauche est intitulée « Le calice empoisonné », tandis que la murale de droite se nomme « Réservoir 13 ».
L’artiste explique ainsi la murale titrée « Le calice empoisonné » : « On avait promis à la ville, avec l’implantation de la fonderie d’aluminium, un niveau d’emploi qu’elle n’aurait jamais osé espérer.
Les profits industriels furent toutefois de courte durée et la fonderie ferma ses portes en 1981, entraînant la perte de tous les emplois.
Le personnage en costume représente le Sudiste, porteur d’argent, de richesse et de prestige. Celui qui tient en équilibre précaire dans le bateau en aluminium est incertain et déséquilibré; que peut-il espérer de ce calice qu’on lui tend?
Tous les symboles du tableau renvoient au terrible sentiment de trahison éprouvé par la ville. »
La murale de droite, nommée « Réservoir 13 » s’explique ainsi : « Depuis son salon de coiffure, une coiffeuse entendit le grondement sourd d’un avion isolé. Elle accourut, suivie de toutes ses clientes, la tête encore enveloppée dans des serviettes, pour voir le réservoir exploser et déverser du pétrole le long de la voie ferrée. »
Photo ci-dessus : Cette partie de la fresque du patrimoine de Firth représente « La mutinerie d’Invergordon », un mouvement social mené par environ 1 000 marins de la flotte de l’Atlantique les 15 et 16 septembre 1931. Pendant deux jours, les navires de la « Royal Navy » se mutinèrent ouvertement, constituant l’une des rares grèves militaires de l’histoire britannique.
Photo ci-dessus : La fresque de gauche est titrée « Le naufrage du HMS Natal ». La murale aligne le bateau et l’église, illustrant le deuil local à travers des figures au pied du navire. Celle de droite le nomme « Les Échassiers ». Au premier plan, on voit les femmes courageuses qui portaient leurs hommes jusqu’au bateau, veillant à ce qu’ils y arrivent les pieds au sec.
Il faut noter que la communauté d’Invergordon a créé les « Jardins du Natal » au cœur de la ville en mémoire des 421 marins, civils et enfants qui ont péri à bord du « HMS Natal » lors de son naufrage dans le Cromarty Firth le 30 décembre 1915.
Photos ci-dessus : « Une fresque en deux parties intitulée “La plateforme pétrolière”. L’artiste a voulu représenter ici la plateforme comme une cathédrale émergeant de la mer, sous un ciel immense et dramatique qui la domine! »
Photo ci-dessus : Une mine de contact utilisée pendant la Seconde Guerre mondiale est exposée devant le musée.
Elle a été conçue pour flotter juste en-dessous de la surface de l’eau et exploser lorsqu’un navire touchait l’une de ses « cornes » (les protubérances sur la coque). Des millions de mines comme celle-là ont été posées par les deux camps pendant la Seconde Guerre mondiale, rendant de vastes zones maritimes dangereuses pour les navires de guerre et les navires marchands.
Photo ci-dessus : Un banc commémoratif tout récent est installé devant le musée à la mémoire de Rona Thomson (1957-2025), une enseignante respectée d’Invergordon.
Il recommence à pleuvoir fortement… Nous revenons à l’arrêt de la navette pour revenir au bateau.
Nous attendons longtemps l’autobus. Puis, lorsqu’il arrive, il faut attendre que tous les passagers descendent. C’est très long, car la plupart sont des personnes âgées utilisant soit des marchettes ou des chaises roulantes!
Même si les murales d’Invergordon sont très belles et significatives, nous ne pouvons qu’avouer qu’Invergordon fut une triste escale.
Pour preuve, nous sommes de retour dans notre cabine à 11 h 05!
En fait, nous ne pouvons pas entrer dans notre cabine, car les responsables de l’entretien ménager sont à la rafraîchir.
Nous nous rendons au neuvième pont, au bar près de la piscine, et ce, malgré qu’il soit particulièrement tôt en matinée!
Le reste de la journée est plutôt tranquille… Nous assistons toutefois à une présentation sur l’escale de demain à Lerwick où la température maussade sera encore présente : nuageux avec 11 degrés Celsius comme maximum.
En soirée, nous assistons au spectacle « The Nieuw Statendam dancers in move », le meilleur spectacle auquel nous avons assisté depuis notre arrivée sur le bateau. Encore une fois les effets spéciaux sont particulièrement bien réussis.
Notre coup de coeur aujourd’hui : la murale des pompiers.
À suivre…
De retour pour une deuxième escale à Lerwick, également en Écosse… où il nous reste très peu à découvrir!
Photo ci-dessus : Une sculpture représentant une grande bouée de navigation. Elle a été créée par l’artiste J.O. Chapman (1965- ) et installée en 1996. La sculpture est un point de repère populaire dans la région, rendant hommage à l’histoire maritime locale.
Pour lire les autres textes de notre croisière, cliquez sur ce lien : Nos textes relatifs à une longue croisière sur les côtes de la Norvège et autour des îles Britanniques en mai et juin 2025.
Pour lire les autres textes de notre périple amorcé à Rotterdam avant de prendre la mer, cliquez sur ce lien : Nos textes relatifs à un séjour de cinq jours à Rotterdam au Pays-Bas en mai 2025.






