
Texte, recherches et photos de Céline et Jacques Lanciault
Voici le 67e d’une série de reportages sur une magnifique odyssée qui nous a menés, dans un premier temps, à Rotterdam aux Pays-Bas, puis en croisière en Norvège, jusqu’au-delà du cercle polaire, par la suite au Royaume-Uni et en Irlande et finalement, après la descente du bateau, à Amsterdam également aux Pays-Bas. Un inoubliable périple réalisé du 12 mai au 19 juin 2025.
Amsterdam, Pays-Bas, le dimanche 15 juin 2025 – Il fut un temps aux Pays-Bas, particulièrement à Amsterdam au XVIIe siècle, où la pratique du culte catholique était interdite en public. Les catholiques devaient alors pratiquer leur foi en secret.
Les pratiquants amstellodamois ont alors créé des églises clandestines, cachées sous les toits de maisons bourgeoises. L’une d’elles existe toujours et elle a été transformée en Musée.
Lors d’un court séjour réalisé à Amsterdam en 2018, nous avions inscrit ce musée à notre programme de visites… mais malheureusement, l’église clandestine était fermée lors de notre passage.
C’est pourquoi nous avons inscrit la visite de « L’église au grenier » à notre programme dès aujourd’hui, notre premier jour dans la capitale des Pays-Bas, et ce, pour être certain de la visiter!
Et nous avons visité le musée, les espaces de vie de l’époque, la cuisine, les chambres… et son église du grenier!
Au terme de cette impressionnante visite, nous nous sommes rendus à la magnifique Nieuwe Kirk, sise à un jet de pierre de l’église clandestine, pour voir l’exposition World Press Photo 2025…
Avouons-le, nous avons été très déçus d’y retrouver presque uniquement des photos de violence, des scènes de guerre, des alignements de cadavres, des émeutes, des saccages, etc.
Finalement, nous avons terminé notre première journée de visites à Amsterdam par un lent retour vers notre hôtel, le Morgan & Mees, par sauts de puce d’un canal à l’autre.
Photo ci-dessus : Une église catholique clandestine construite au XVIIe siècle dans le grenier de trois maisons sises en bordure d’un canal à Amsterdam.
N.-B. : Pour regarder le diaporama des photos présentées sur cette page, cliquez sur n’importe laquelle des photos.
Après quelques minutes de recherche, notamment à l’aide du « GPS » du téléphone cellulaire de Céline, nous trouvons finalement l’ancienne église clandestine nommée « Ons’ Lieve Heer op Solder » en néerlandais, ce qui signifie « Notre-Seigneur au grenier » en français.
Le musée est situé en bordure du canal « Oudezijds Voorburgwal ».
En 2018, lors de notre premier séjour à Amsterdam, nous avions tenté de visiter ce musée, mais malheureusement, il était fermé.
Nous y entrons et achetons nos billets à 16,50 € chacun, ce qui inclut un audioguide en français.
D’entrée de jeu, nous apprenons, comme nous l’avons mentionné en introduction, que l’église a été construite entre 1661 et 1663 dans les trois derniers niveaux des maisons adjacentes, car à l’époque la pratique du culte catholique était interdite en public.
Il est précisé qu’après la « Réforme », Amsterdam est devenue une capitale protestante où le culte catholique en public était interdit. C’est à ce moment qu’ont commencé à apparaître les premières églises catholiques secrètes.
Après plus de deux siècles de célébration d’offices catholique, l’ouverture, en 1887, de l’église Saint-Nicolas d’Amsterdam signifia le chant du cygne de « Notre-Seigneur au grenier ».
C’est en 1888 qu’un groupe de personnes souhaitant conserver l’église comme témoignage de la vie catholique à Amsterdam décida de la convertir en musée.
Notre audioguide nous indique qu’il s’agit d’un des trésors historiques les plus insolites de la vieille ville d’Amsterdam!
Nous descendons au sous-sol pour le début de la visite. Nous y voyons une maquette de l’édifice et quelques statues.
Photo ci-dessus : Une maquette nous donnant une vue d’ensemble de l’édifice.
De l’extérieur, le bâtiment ressemble à n’importe quelle autre maison sise en bordure du canal.
« Mais en 1661, Jan Hartman, un marchand de lin allemand, acheta une maison située sur le canal Oudezijds Voorburgwal, ainsi que deux maisons adjacentes dans la ruelle derrière!
Il réaménagea entièrement les étages supérieurs – non pas d’une seule maison, mais des trois – en reliant leurs greniers afin de créer un grand espace unique pour une véritable église domestique.
Il pouvait ainsi accueillir jusqu’à 150 personnes pour les offices religieux. »
Photo ci-dessus : Une paire de statues de la Vierge à l’Enfant et de Saint Joseph, en bois sculpté et polychrome, sont exposées. Elles datent probablement du XVIIe siècle.
Nous montons des escaliers…
Photo ci-dessus : Céline pose devant l’entrée de marbre de la maison principale, celle dont l’entrée était située sur le canal. Les deux autres maisons avaient leur entrée sur la ruelle.
Nous voyons une grande pièce de séjour donnant sur le canal, un couloir menant au long passage étroit, la cuisine, un poêle antique, beaucoup de pièces de vaisselle retrouvées sur le site des maisons.
Photo ci-dessus : Et la voici dans la pièce qui servait de cuisine.
Photo ci-dessus : Où l’on retrouve le poêle.
Photo ci-dessus : De nombreuses pièces de vaisselle sont exposées.
Photo ci-dessus : Un autre poêle, celui-ci servant à réchauffer la maison.
Photos ci-dessus : Une grande pièce servant possiblement de salle à manger et de salon.
Nous continuons à monter… et nous arrivons dans une chambre à coucher avec un lit dans une alcôve.
Photo ci-dessus : Un lit dans une alcôve.
Les marches de l’escalier sont particulières… elles sont convexes et concaves!
Nous montons jusqu’au grenier… là où il y a l’église. Wow!
Nous constatons que des poutres en bois relient les trois maisons.
Photo ci-dessus : Une église tout étroite… Plusieurs rangées de bancs, d’autres bancs sur les côtés, une mezzanine en haut de chaque côté et un bel autel tout en avant!
Photo ci-dessus : Le maître-autel de l’église dans le grenier affiche comme retable un tableau représentant le baptême du Christ.
Le plafond est spectaculaire. Il a été transformé pour changer un simple grenier en un véritable espace sacré.
Au centre se détache une figure de Dieu le Père, représenté comme un vieil homme à la longue barbe. Il est sculpté en stuc blanc, ce qui le fait ressortir vivement sur le fond clair. Il est entouré de têtes d’angelots (putti) et de nuées stylisées, qui donnent une impression de flottement céleste.
Deux anges musiciens, placés symétriquement à gauche et à droite, soufflent dans de longues trompettes dorées. Leur posture dynamique suggère une annonce divine.
Au-dessus, un spectaculaire rayonnement doré jaillit du centre du plafond : des faisceaux d’or traversent les nuages en convergeant vers la figure divine. Cet effet de lumière symbolise la présence de Dieu, la révélation et la grâce.
Photos ci-dessus : Le magnifique plafond que nous venons de décrire!
Photo ci-dessus : De chaque côté du maître-autel, il y a une statue d’ange en bois, des « putti », c’est-à-dire des anges enfants.
La chaire est pliante… et dissimulée à la gauche de l’autel.
Photo ci-dessus : Il y a même un orgue! Il s’agit d’un véritable orgue historique, installé sur la tribune au fond de l’église, comme dans une église « officielle ». On remarque que le buffet d’orgue est richement décoré et qu’il s’intègre harmonieusement au décor baroque de l’église.
L’orgue date du XVIIIᵉ siècle (1794) et a été construit par Christian Vater, un facteur d’orgues renommé.
Il s’agit d’un orgue baroque néerlandais, parfaitement adapté à l’espace relativement étroit du grenier.
L’instrument est toujours jouable et il est utilisé occasionnellement pour des concerts et des démonstrations musicales.
Sa présence montre à quel point cette église clandestine était pensée comme une véritable église paroissiale, et non comme un simple oratoire discret.
Dans un lieu caché au cœur d’une maison, trouver un orgue de cette qualité est assez saisissant!
Photo ci-dessus : Et le croiriez-vous, il y a une chapelle latérale… dédiée à Marie.
Je monte sur la mezzanine, histoire d’avoir une meilleure vue d’ensemble.
Photos ci-dessus : Céline écoute attentivement le très intéressant audioguide… et elle prend en note les éléments importants dans le but de rédiger ce texte. Et soudain, elle s’aperçoit que je la photographie!
Photo ci-dessus : Une statue représentant un « putti » jouant de la trompette.
Photos ci-dessus : Le clavier de l’orgue… et le sceau du facteur.
Photo ci-dessus : Une vue d’ensemble de l’église prise de la mezzanine.
Photo ci-dessus : De la mezzanine, on côtoie Dieu le père de près.
Photo ci-dessus : À l’extérieur nous apercevons un clocher. C’est celui de l’Oude Kerk (la Vieille Église en français) d’Amsterdam, le plus ancien bâtiment de la ville, sa construction initiale datant de 1302. La tour est un point de repère emblématique situé dans le quartier principal d’Amsterdam.
Il y a une petite sacristie, un confessionnal, un petit baptistère portatif et une vitrine où sont exposés les objets religieux.
Photo ci-dessus : Un vêtement liturgique est exposé dans la sacristie.
Photo ci-dessus : Nous remarquons également ce baptistère… portatif puisqu’il peut être déplacé.
Photo ci-dessus : Une statue qui représente probablement Saint Nicolas.
Nous redescendons au sous-sol où il y a quelques tableaux, des habits religieux et quelques sculptures.
Photo ci-dessus : Deux toiles montrant le gouverneur Jean Baptiste Eeckhout et son épouse Johanna Francisca de Roy. Des oeuvres qui datent de 1766.
Photo ci-dessus : Une descente du Christ de la croix, une toile provenant de l’atelier de Jacob Cornelisz (1475-1533).
Photo ci-dessus : Une sculpture réalisée vers 1740 représentant Saint-Pierre, une réalisation de Jacob Cressant (1680-avant 1766).
Photo ci-dessus : Un relief en albâtre représentant Ève et provenant de l’autel de Notre-Dame. L’oeuvre d’un artiste inconnu aurait été réalisée entre 1850-1900.
Photo ci-dessus : Un superbe relief datant de 1745 de Jacob de Wit (1695-1754). Il s’agit d’un médaillon représentant Boaz et Ruth (1) entourés de jeunes orphelines.
(1) : Boaz et Ruth sont des figures centrales du « Livre biblique de Ruth », racontant l’histoire d’amour entre un riche propriétaire terrien juif, Boaz, et Ruth, une femme moabite immigrée, qui symbolise la loyauté, la foi, et la providence divine, menant à leur mariage et les plaçant dans l’ascendance du Roi David et de Jésus! (Wikipédia)
Il est 15 heures lorsque nous sortons, émerveillés par ce que nous venons de découvrir!
L’exposition World Press Photo 2025
Nous nous dirigeons maintenant vers la Nieuwe Kerk pour voir l’exposition World Press Photos 2025. Ce sera la deuxième fois que nous assistons à une exposition de World Press Photos à cet endroit, nous y avons assisté en 2018!
« La Nieuwe Kerk van Amsterdam, nous rappelle l’encyclopédie libre Wikipédia, est une église de style gothique dont la construction a commencé en 1408.
Elle se situe au cœur de la capitale néerlandaise, dans le centre-ville, sur la place du Dam, la place principale de la ville, à proximité immédiate du palais royal d’Amsterdam. Elle est l’église nationale des Pays-Bas. »
« Cette église, ajoute Wikipédia, est le lieu des investitures des souverains des Pays-Bas et la Nieuwe Kerk est aussi l’un des principaux centres d’exposition d’Amsterdam. En effet, chaque année, environ 100 000 visiteurs pénètrent dans l’église lors des événements qui y sont tenus. »
Nous y entrons à 15 h 10… et payons 20,50 € chacun.
L’exposition est en cours depuis le 18 avril. Il s’agit de la première mondiale de l’exposition World Press Photo 2025.
Une affiche nous apprend « qu’on y présente les lauréats de la 68e édition du Concours World Press Photo. Les thèmes principaux de cette année abordent des sujets tels que la politique, le genre, les migrations, les conflits et la crise climatique.
L’édition 2025 du Concours World Press Photo s’inscrit dans le cadre des célébrations du 70e anniversaire de fondation de l’organisme World Press Photo. »
La plupart des espaces religieux de l’église sont intacts, mais inaccessibles au public pendant l’exposition.
Photos ci-dessus : Je réussis tout de même à photographier deux très beaux vitraux.
Évidemment, il y a beaucoup de photos des guerres ayant cours dans le monde.
Photo ci-dessus : « Le moment de la tentative d’assassinat de Donald Trump lors d’un rassemblement de campagnes en Pennsylvanie », précise l’affiche. « L’événement s’est produit le 13 juillet 2024, à Butler, en Pennsylvanie. Des membres des services secrets américains aident le candidat républicain à la présidence à descendre de scène immédiatement après qu’une balle a frappé son oreille. La photo, prise par le photojournaliste de l’Associated Press Evan Vucci, a remporté un prix lors du concours “World Press Photo 2025”. »
Photo ci-dessus : « Des habitants lèvent les yeux avec anxiété pendant une frappe de drone israélienne, alors qu’ils se réfugient à l’abri des bâtiments dans le quartier de Dahiyeh à Beyrouth, au Liban. Les avions de chasse et les drones volent souvent à basse altitude, provoquant peur et détresse. » La photo est une oeuvre du photojournaliste Murat Şengül (1987- )
Photo ci-dessus : Vue de la présentation des photos au World Press Photos 2025 d’Amsterdam. (Photo provenant du site Internet de World Press Photo)
Photo ci-dessus : « Mahmoud Ajjour (9 ans), blessé lors d’une attaque israélienne contre la ville de Gaza en mars 2024, trouve refuge et une aide médicale à Doha, au Qatar. » (Photo provenant du site Internet de World Press Photo)
L’affiche raconte ceci : « Alors que sa famille fuyait une attaque israélienne, Mahmoud est retourné sur ses pas pour encourager les autres à continuer. Une explosion lui a arraché un bras et a mutilé l’autre.
La famille a été évacuée au Qatar où, après avoir reçu des soins médicaux, Mahmoud apprend à se servir de ses pieds pour jouer à des jeux sur son téléphone, écrire et ouvrir les portes. Il a également besoin d’une assistance particulière pour la plupart des activités quotidiennes, comme manger et s’habiller. Le rêve de Mahmoud est simple : il souhaite recevoir des prothèses et vivre comme n’importe quel autre enfant.
La photographe, Samar Abu Elouf, originaire de Gaza et elle-même évacuée en décembre 2023, vit dans le même complexe d’appartements à Doha que Mahmoud, au Qatar.
Elle a tissé des liens avec des familles sur place et a documenté le quotidien de certains des rares Gazaouis grièvement blessés qui ont réussi à quitter le territoire pour se faire soigner. »
On présente une liste de 1 600 journalistes décédés en service depuis 1992, dont 103 en 2024!
Nous sortons à 16 heures, déçus, car il y a beaucoup trop de photos de guerre et de souffrance. Dommage qu’il n’y ait pas quelques photos de gens heureux…
Longue promenade de retour vers l’hôtel
Nous retournons à l’hôtel… y allant d’un parcours difficile, car il y a beaucoup de gens en vélo, de nombreux piétons et de nombreux canaux à traverser.
Photo ci-dessus : Céline pose devant un autre beau canal d’Amsterdam.
Photos ci-dessus : D’autres photos de canaux.
Notre chambre au Morgan & Mees Amsterdam
Nous arrivons à l’hôtel à 17 heures.
Le même employé qui nous a accueillis ce matin est toujours à la réception.
C’est lui qui nous conduit à notre chambre… au troisième étage, la chambre numéro 9!
Soulignons qu’il n’y a pas d’ascenseur et que l’escalier est en courbe et très étroit.
Nos bagages ont déjà été montés dans la chambre… Une chance, car nous aurions éprouvé beaucoup de difficulté à les monter.
La chambre est grande, mais Céline est un peu déçue, car il n’y a pas de petit réfrigérateur.
Toutefois…
Photo ci-dessus : Il y a une petite bouteille de prosecco dans un seau à glace qui nous attend dans la chambre, un geste bien apprécié. Céline est heureuse, il s’agit de son vin préféré!
Des fenêtres de la chambre, nous avons une superbe vue sur le croisement des rues devant l’hôtel. C’est complètement fou le nombre de vélos qui s’y croisent!
Photo ci-dessus : Notre grande chambre à l’Hôtel Morgan & Mees d’Amsterdam.
Vers 19 h 30, nous descendons au restaurant de l’hôtel pour le souper.
Les plats portent des noms qui ne nous indiquent pas ce qu’ils sont. Céline fait l’erreur de commander un plat… qui est du poisson cru.
Déjà qu’elle ne mange aucun poisson cuit… imaginez cru!
On informe la serveuse qui lui apporte un autre plat, végétarien cette fois… Mais, il y a du tofu… Un souper à oublier pour elle.
Quant à moi, je déguste un délicieux « boeuf tartare avec frites », accompagné de verres de vin.
Nous remontons à la chambre à 21 heures… Nous sommes épuisés.
Notre coup de coeur pour aujourd’hui : la superbe église clandestine.
Nous nous couchons à 22 heures… alors que le soleil brille toujours dans le ciel
À suivre
Demain, longue promenade autour de la ceinture des canaux ouest… et visite du Musée Vincent Van Gogh en après-midi.
Photo ci-dessus : Une autre vue superbe sur un canal d’Amsterdam. Wow!
Pour lire les autres textes de notre croisière, cliquez sur ce lien : Nos textes relatifs à une longue croisière sur les côtes de la Norvège et autour des îles Britanniques en mai et juin 2025.
Pour lire les autres textes de notre périple amorcé à Rotterdam avant de prendre la mer, cliquez sur ce lien : Nos textes relatifs à un séjour de cinq jours à Amsterdam au Pays-Bas en mai 2025.






