
Texte, recherches et photos de Céline et Jacques Lanciault
Voici le 71e d’une série de reportages sur une magnifique odyssée qui nous a menés, dans un premier temps, à Rotterdam aux Pays-Bas, puis en croisière en Norvège, jusqu’au-delà du cercle polaire, par la suite au Royaume-Uni et en Irlande et finalement, après la descente du bateau, à Amsterdam également aux Pays-Bas. Un inoubliable périple réalisé du 12 mai au 19 juin 2025.
Amsterdam, Pays-Bas, le mardi 17 juin 2025 – Un musée consacré aux « street art et aux graffiti », où on retrouve des murales d’artistes de renom et de talents émergents du monde entier. Wow !
Actuellement, l’exposition du « Straat Art Museum Amsterdam » présente plus de 180 œuvres de quelque 170 artistes. Les immenses murales réalisées in situ offrent une expérience visuelle saisissante, car même si à l’extérieur elles occuperaient pour la plupart l’espace d’un mur complet, ici, elles sont présentées à l’intérieur sur d’immenses tableaux amovibles.
Ce qui rend l’expérience si saisissante, c’est que nous sommes à l’abri de toutes les intempéries et que les œuvres sont mises en valeur par un éclairage soigneusement planifié par des professionnels. De plus, en tant que musée, on nous offre une pléthore d’informations complémentaires, nous permettant de mieux comprendre les œuvres.
Le « Straat Art Museum Amsterdam » est installé dans un ancien entrepôt de 8 000 mètres carrés sur le quai de « NDSM Wharf » (1), un édifice classé monument national !
(1) : « NDSM Wharf » est un ancien chantier naval situé sur les rives de l’IJ à Amsterdam-Nord. Le quartier NDSM Wharf s’est transformé ces dernières années en un véritable pôle culturel, abritant une communauté artistique dynamique et une offre toujours plus riche de bars et de restaurants.
S’étendant sur une superficie équivalente à dix terrains de football, ce lieu accueille des festivals multidisciplinaires, des spectacles, des expositions, des soirées dansantes et une grande variété d’autres événements dans un cadre post-industriel unique ! » (Extrait retrouvé sur le site Internet (Iamsterdam.com)
Nous présentons ci-dessous, quelques œuvres qui nous ont émus, tant par leur beauté, que leurs magnifiques couleurs où encore en raison de leur signification intéressante.
Photo ci-dessus : Une autre très très belle murale. Elle est de la Néerlandaise Judith de Leeuw (1994- ) et elle se titre « Renovate ». Une œuvre réalisée en 2022.
N.-B. : Pour regarder le diaporama des photos présentées sur cette page, cliquez sur n’importe laquelle des photos.
Nous poursuivons notre visite du Straat Art Museum Amsterdam…
Autre surprise… « Une jeune fille à la perle », dont l’héroïne est une noire. Une référence certaine à la célèbre toile de Johannes Van der Meer !
Photo ci-dessus : L’œuvre datée de 2023 est titrée, sans surprise, « La Jeune Fille à la perle ». Il s’agit d’un remix contemporain réalisé par l’artiste américaine « ELLE » en collaboration avec l’Intelligence artificielle » !
L’affichette nous indique : « Elle » a quitté les Beaux-Arts pour arpenter les rues de New York. En raison de la nature éphémère du collage d’affiches, elle s’est tournée vers le graffiti. Sa visite à STRAAT a marqué un tournant dans sa carrière, car elle commençait à se rapprocher de l’Al, du soufflage de verre et de la sculpture.
Photo ci-dessus : Une murale réalisée par l’artiste d’art de rue espagnol « Treze » (1986-2018). Mettant en valeur ses teintes pastel caractéristiques, cette œuvre, titrée « Sauvage » est l’une des nombreuses odes de « Treze » au miracle de la vie et à la beauté intrinsèque de la nature. « La jeune fille représente la nature observant quelque chose d’« artificiel » !
Photo ci-dessus : Une œuvre particulière titrée « Disponible à la location » ! La murale a été réalisée en 2018 par l’artiste de rue grec INO.
L’affiche de la murale est intéressante : « Avec sa palette majoritairement en noir et blanc et sa signature, une simple touche de bleu clair, l’artiste grec INO aborde les problématiques sociales et politiques dans un contexte local. À Amsterdam, il a été immédiatement fasciné par la prostitution en vitrine du célèbre Quartier Rouge.
Inspiré par le regard des passants sur les prostituées et leur attitude souvent irrespectueuse à leur égard, le portrait par INO des fesses d’une de ces professionnelles vise à dénoncer ce qu’il appelle leur histoire sans fin. Parallèlement, l’artiste souligne que chacun est libre d’interpréter cette œuvre à sa manière. »
Photo ci-dessus : « La Deriva », une murale de 2017 de l’artiste italien Morcky (1975- ). « Dans cette murale, l’artiste immortalise une histoire d’amour entre deux personnes désormais séparées mais partageant un même univers : la ville d’Amsterdam. L’image pittoresque met en scène plusieurs lieux emblématiques d’Amsterdam, dont le Jordaan, un célèbre quartier de la ville. Le bateau au premier plan fait référence à Amsterdam-Nord. »
Photos ci-dessus : « Fragments de souvenirs », superbe murale datant de 2024 réalisée par l’artiste néerlandais Leon Keer (1980- ). « L’artiste observe un profond sentiment d’impuissance et une indifférence généralisée chez les individus. Il est constamment conscient du combat entre le beau et le laid, un contraste qu’il perçoit comme une métaphore de toute existence humaine. Ses peintures traduisent ses pensées et confrontent le spectateur à un esprit du temps malade, où la dégradation visible se heurte à une aspiration intemporelle à une beauté intacte. »
Puis, nous arrivons devant une murale qui déborde sur les côtés !
Photos ci-dessus : Elle s’intitule « Inconscient » et a été réalisée en 2024 par un artiste portugais « Odeith » (1976- ) « Il a commencé le graffiti au milieu des années 1980. En 2003, il adopte le nom d’Odeith. Sous ce pseudonyme, il acquiert une reconnaissance internationale grâce à son utilisation novatrice de la technique de l’anamorphose. Ses compositions, souvent peintes sur des angles droits ou des murs plats, créent un effet d’illusion d’optique 3D fascinante.
“En venant ici, déclare l’artiste, je voulais vraiment me lancer un défi et créer quelque chose d’unique. Je pense que c’est l’une de mes meilleures œuvres anamorphiques à ce jour. Les serpents qui entourent Méduse ont une double signification. D’une part, ils représentent des pensées sombres et une colère déchaînée. Mais en même temps, elles peuvent vous protéger des énergies négatives. »
Photo ci-dessus : Une murale non titrée réalisée en 2017 par l’artiste anglais Dan Kitchener (1974- ).
« La ville occupe une place centrale dans l’œuvre de Dan Kitchener. Il capture l’énergie urbaine à travers ses lumières et son effervescence, et s’efforce de recréer l’atmosphère du lieu telle qu’il l’a vécue. Les rues mouillées et les enseignes lumineuses animées ont été immortalisées par l’artiste sur place, à travers des photographies et des croquis. Pour “Sans titre”, Dan a recréé la brume, les reflets et la lueur qu’il a perçue une nuit dans le quartier de Shinjuku à Tokyo. »
Photo ci-dessus : En 2017, l’Allemand « Sokar Uno » (1987- ) nous offre une murale intitulée « Génération. « Cette toile représente-t-elle un roi ou une reine ? Sokar laisse la question ouverte : c’est au spectateur d’en décider. Par la répétition, Sokar crée la séquence des prédécesseurs évoquée dans le titre (Génération). »
Photo ci-dessus : L’artiste britannique « Hush » (1976- ) est connu pour ses œuvres de toutes tailles qui intègrent des motifs traditionnels japonais à la fougue et au dynamisme du street art. Celle-ci, réalisée en 2022, n’est pas titrée.
Photo ci-dessus : Une murale du même artiste que le portait que nous avions pris pour John Wayne plus tôt lors de notre visite, soit le Néerlandais Tymon de Laat (1979- ). Celle-ci est intitulée « Cubana Contemporanea » et a été réalisée en 2020. « Le portrait, mentionne l’artiste, est celui d’une jeune Cubaine nommée Jennifer Esquivel. Elle était la fille de la femme de ménage d’un des hôtels où nous avons séjourné à Cuba. »
Puis nous voici devant une autre œuvre familière !
Photo ci-dessus : « Le Cauchemar d’Arthur Miller », une murale de l’artiste britannique « Pure Evil » réalisée en 2021.
L’affiche est une fois de plus intéressante : « Le Cauchemar d’Arthur Miller s’inspire de l’histoire d’amour entre Arthur Miller et Marilyn Monroe. Après un mariage très médiatisé en 1956, Marilyn découvrit quelques jours plus tard, dans le carnet d’Arthur, qu’il était déçu d’elle, qu’il n’aimait vraiment que sa fille et qu’il regrettait de l’avoir épousée. La situation ne cessa de se dégrader et le couple se sépara en 1960 pour divorcer l’année suivante. »
Comme nous l’avons mentionné en introduction de ce texte, le « Straat Art Muséum Amsterdam » est installé dans un ancien entrepôt de 8 000 mètres carrés. À l’intérieur, on retrouve encore de vieilles installations de machinerie abandonnée.
Photos ci-dessus : Une structure métallique qui présente des signes évidents de détérioration et de rouille. Toutefois, le musée a installé à l’intérieur de la cabine, un mannequin portant un casque blanc… rendant à la structure une seconde vie !
Photo ci-dessus : Une murale de l’artiste grec « Insane 51 », qui a titré son œuvre, datant de 2016, « Le Petit Chaperon rouge » (2016).
« Insane 51 », de son vrai nom Stathis Tsavalias, est un artiste grec qui a débuté comme graffeur en 2007. Il a étudié à l’École des Beaux-Arts d’Athènes, où il a également suivi des études en arts graphiques et appliqués.
Photo ci-dessus : La murale titrée « Old Rocking Chair » de 2018 est une œuvre de l’artiste de street art polonais Tankpetrol (1982- ). Old Rocking Chair représente une jeune fille apeurée assise sur une chaise, le fond sombre accentuant son état.
« “Tankpetrol” est un artiste polonais spécialisé dans le pochoir installé à Manchester en Angleterre. Outre le pochoir, il utilise différentes techniques, telles que la typographie, la peinture traditionnelle et la menuiserie fine pour explorer la diversité des figures féminines. Ses portraits sombres et mélancoliques évoquent la complexité émotionnelle des femmes, exprimant la peur, la colère, la nostalgie ou l’assurance ! »
Photo ci-dessus : Une autre très très belle murale. Elle est de la Néerlandaise Judith de Leeuw (1994- ) et elle se titre « Renovate ». Une œuvre réalisée en 2022.
L’affiche de l’œuvre nous a particulièrement intéressés, notamment puisque nous avons déjà admiré une des œuvres de cet artiste.
« Inspirée par la Journée internationale des femmes, Judith a créé une œuvre à partir de l’histoire d’une femme anonyme qui, après des années de maltraitance, a réussi à reconstruire son image d’elle-même.
Aujourd’hui, elle est devenue une femme heureuse et épanouie. Elle s’est battue pour sa propre sérénité et consacre désormais sa vie à la création d’une égalité universelle.
Avec cette œuvre, Judith souhaite interroger l’image actuelle et future des femmes. Elle est internationalement reconnue pour ses fresques murales géantes abordant des thèmes sociaux contemporains. Son travail s’inspire d’histoires personnelles de personnes admirables et vulnérables. »
Lors de notre passage à Rotterdam, nous avons admiré un magnifique murale réalisée par cette artiste sur un grand mur à l’entrée du pont Erasmus.
Photos ci-dessus : La fresque géante de l’artiste néerlandaise Judith de Leeuw (1995- ) titrée « Brightness in the Clouds of Cancer », ce qui peut se traduire par « Luminosité dans les nuages du cancer ».
Photo ci-dessus : « Faible, il devient héros », une murale de 2022 de l’artiste allemande « HERA de Herakut » (1981- ) Une œuvre au fusain, à la peinture acrylique et à la peinture aérosol sur polyester !
L’affiche mentionne ceci : « Dans “Faible, il devient héros”, les pensées sont représentées par des cerfs ! On observe la transition de ces pensées/cerfs, de l’esquisse initiale à une représentation plus détaillée, jusqu’à l’œuvre finale. Le cerf couronné symbolise la pensée qui finit par s’en aller. Le choix du cerf est délibéré, car HERA perçoit de nombreuses similitudes entre les pensées et les cerfs, notamment leur fragilité. » Ouf !
Photos ci-dessus : L’artiste espagnol « Dulk » (1983- ) a intitulé son installation « The Giant Change ». Elle date de 2023.
« The Giant Change fait référence aux zones humides du monde entier et aux problèmes qu’elles rencontrent en raison des sécheresses et du changement climatique. Les écosystèmes où vivent les flamants roses, qui abritent également de nombreux autres animaux et des milliers d’espèces d’oiseaux, sont menacés partout dans le monde.
Observez de plus près les contours complexes de cette installation et embarquez pour un voyage visuel qui narre une histoire captivante sur notre responsabilité collective de préserver la nature et son incroyable biodiversité ! »
Photo ci-dessus : Une murale intitulée « Pour nourrir le fantôme affamé », une œuvre de l’artiste américaine Caledonia Curry (1977- ), mieux connue sous le surnom de « Swoon ».
Nous sortons un peu passé midi. Nous sommes très heureux de notre visite.
Nous cherchons dans les alentours du musée un restaurant-terrasse, autant que possible devant le fleuve, afin de dîner avant de reprendre le traversier.
Photo ci-dessus : Tout près du musée, sur le chantier naval NDSM, nous passons devant cet immeuble résidentiel moderne nommé « Le Pontkade ». Il est caractérisé par sa façade en briques rouges et ses balcons en saillie.
Nous entrons finalement au Café-Restaurant de IJ-kantine… Un restaurant qui est aménagé dans l’ancienne cantine historique d’un chantier naval.
Photos ci-dessus : L’entrée du afé-Restaurant de IJ-kantine.
Céline opte pour un sandwich au poulet épicé sur pain brun avec un excellent verre de vin de Verdegio. Quant à moi, je m’offre un sandwich au thon accompagné de frites et d’une bière.
Photos ci-dessus : Nos sandwichs lors de notre dîner au Café-Restaurant de IJ-kantine !
Photos ci-dessus : L’intérieur du restaurant est décoré d’une grande fresque colorée représentant un poisson, une œuvre signée par l’artiste-peintre et illustrateur français « Mr Plop ».
Nous quittons le restaurant à 14 h 15 et prenons la direction du quai pour reprendre la navette fluviale.
Photos ci-dessus : Deux bâtiments résidentiels se trouvent à proximité du quai où nous montons à bord de la navette fluviale gratuite qui nous ramène à la gare Centrale d’Amsterdam.
Le trajet sur l’IJ est tout aussi agréable au retour. Nous avons encore la chance d’admirer Amsterdam du milieu de son fleuve.
À suivre
De retour sur la terre ferme, nous passons devant la basilique Saint-Nicolas, que nous voulions visiter… mais elle est fermée.
Nous poursuivons notre programme de visites qui nous mène sur la Rembrandtplein, où nous admirons de superbes statues… avant d’entrer au Musée Willet-Holthuysen… qui prend place dans une maison datant de 1687.
Photo ci-dessus : Depuis 1852, mentionne l’encyclopédie libre Wikipédia, une statue en pied en acier coulé à l’effigie de Rembrandt se trouve au milieu de la place éponyme. Créée par le sculpteur néerlandais Louis Royer, elle domine la place sur son piédestal où se trouve un groupe de sculptures, inspiré de l’un de ses tableaux les plus célèbres du peintre, « La Ronde de nuit ».
Pour lire les autres textes de notre périple amorcé à Rotterdam avant de prendre la mer, cliquez sur ce lien : Nos textes relatifs à un séjour de cinq jours à Amsterdam au Pays-Bas en mai 2025.






